Guantanamo coupe son Wi-Fi à cause des Anonymous

Dans une vidéo postée sur internet, les Anonymous avaient menacé d'"interrompre les activités" de la prison cubaine des Etats-Unis

Dans une vidéo postée sur internet, les Anonymous avaient menacé d' »interrompre les activités » de la prison cubaine des Etats-Unis Une vidéo postée sur Internet par les Anonymous a été interprétée comme une « menace » contre la prison cubaine des Etats-Unis. Bien qu’isolée sur l’île de Cuba, la prison américaine de Guantanamo n’est pas à l’abri de ses ennemis. L’Associated Press rapporte que l’armée américaine a décidé de couper la connexion Internet sans fil Wi-Fi disponible sur sa base cubaine, ainsi que les réseaux sociaux Facebook et Twitter, en raison de menaces émanant des Anonymous. Ce groupe anonyme et décentralisé d’hacktivistes avait lancé le 17 mai l’opération Guantanamo, une action coordonnée de « tweetstorms » (avalanche de tweets) censée attirer l’attention du monde entier sur Guantanamo, au centième jour de la grève de la faim des détenus. Au-delà des pétitions en ligne et des appels au harcèlement téléphonique de la Maison Blanche, l’armée américaine craint que les Anonymous ne « perturbent » les activités de la prison de Guantanamo, en piratant ses systèmes informatiques. Dans la vidéo de présentation de l’opération Guantanamo (ci-dessus), une voix artificielle prévient en effet : « Les Anonymous ne toléreront plus cette atrocité. Nous fermerons Guantanamo. Attendez-nous. » Pourtant, à en croire certains messages écrits par des groupes d’Anonymous sur Twitter, cette menace semble moins importante que son impact médiatique : « Peu importe si la menace de piratage a vraiment existé. Ils se dérangent eux-mêmes à cause de nous. Nous n’avons même pas à lever le petit doigt que nous apparaissons comme des super pirates et faisons la une ». Toutefois, la liste des « interventions » entreprises ces dernières années par les Anonymous contre divers régimes et projets hostiles, du gouvernement israélien aux lois américaines contre le piratage, a certainement dû faire craindre le pire aux autorités militaires américaines. Les Anonymous n’en font en tout cas aucun mystère : l’opération Guantanamo ne cessera qu’à la fermeture de la prison. Le groupe a déjà un plan pour inonder Twitter de messages appelant à fermer Guantanamo pendant le prochain discours du président Obama, le jeudi 23 mai.

Guantanamo coupe son Wi-Fi à cause des Anonymous | Big Browser.

Bien que son intitulé original soit « Accord sur

Bien que son intitulé original soit « Accord sur la competitivité et la sécurisation de l’emploi », il s’agit bien d’un nouveau projet d’emploi promouvant la précarité de l’emploi en France

Des manifestants travaillant dans les mines de platine

Des manifestants travaillant dans les mines de platine défilent à Marikana, au nord-ouest de l'Afrique du Sud, le 14 mai 2013 - Photo Tiro Ramatlhatse / AFP.

Des manifestants travaillant dans les mines de platine défilent à Marikana, au nord-ouest de l’Afrique du Sud, le 14 mai 2013 – Photo Tiro Ramatlhatse / AFP. 

 

« La menace d’une grève à Anglo American Platinum (Amplats) plane toujours », titrait le site d’information sud-africain Daily Maverick. Les mineurs avaient menacé la direction de se remettre en grève à l’appel des syndicats. En debut de semaine, la direction avait annoncé la suppression de 6 000 emplois dans la ceinture de platine au nord-ouest du pays. Finalement, les mineurs étaient toujours au travail, ce vendredi 17 mai. A quelques kilomètres de là, dans les environs de Rustenburg, leurs collègues de Marikana, retournaient, eux aussi, sous terre, après deux jours de grève sauvage. La situation semble être retournée à la normale. Mais jusqu’à quand? Après les violents mouvements sociaux de l’année dernière dans le secteur qui avaient fait 34 morts en août à Marikana, le Daily Maverick rappelle que « les mineurs d’Amplats ont repris le travail en janvier avec la promesse de pouvoir négocier une hausse de salaires. Ils ont été accueilli avec une autre nouvelle : la suppression de 14 000 emplois ». L’annonce avait déclenché une levée de bouclier des syndicats et de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir. Amplats avait finalement reculé, mais « après consultation avec le gouvernement, la compagnie est revenue avec un nouveau chiffre : 6 000 licenciements sont prévus ». Les trois-quarts de sa valeur perdus Vendredi matin, le quotiden économique Business Day rappelait la terrible crise que traverse le secteur du platine. « Jeudi, le cours des actions d’Amplats ont chuté à leur plus bas niveau depuis huit ans, et se vendent désormais pour 286 rands (24 euros). Il y a cinq ans, elles valaient 1480 rands (123 euros). En plein âge d’or, la compagnie était estimée à 330 milliards de Rands (27 milliards d’euros). Aujourd’hui, elle ne vaut plus que 77 milliards (6,4 milliards d’euros). » Et lorsque le secteur minier est en crise, c’est toute l’Afrique du Sud, ce poids lourd dans l’extraction mondiale de platine et d’or, qui tremble. Le Business Day cite Edna Molewa, ministre des Eaux et de l’Environnement, qui a appelé tous les mineurs au calme : « Nous sommes inquiets que ces nouveaux troubles sociaux n’affectent pas seulement Marikana, pas seulement la ceinture de platine, mais le pays entier, d’un point de vue économique et sur les marchés. » Le cours du Rand ne cesse de s’effondrer. La situation, dans la province du nord-ouest, est explosive. L’hebdomadaire de référence le Mail and Guardian consacre un long dossier en une sur les rivalités qui opposent les syndicats, responsables selon eux des troubles sociaux. « A Marikana : le NUM (National Union of Mineworkers) et Amcu (Association of Mineworkers and Construction Union) recrutent leurs adhérents, un pistolet sur la tempe », titrait l’hebdomadaire. Mawethu Steven, leader d’Amcu, nouveau syndicat majoritaire, a été abattu le week-end dernier, alors qu’il portait un T-shirt à l’effigie de son organisation. Des anciennes terres confisquées Bloomberg rapporte aussi que le massacre de Marikana a déclenché une vague de suicides chez les mineurs. Le 5 mai, l’un d’eux a été retrouvé pendu sur la colline où il avait manifesté l’année dernière et assisté à la tuerie de ses collègues par la police sud-africaine. Sept autres se sont données la mort depuis le mois de janvier. Selon Bloomberg, les mineurs croulent sous les dettes après ces longs mois de grève, et restent traumatisés par cette période douloureuse. David van Wyk, directeur de la Fondation Bench Marks, qui évalue la bonne gouvernance des compagnies minières, estime que « rien n’a été résolu. Tout peut exploser à nouveau. » Enfin, le Business Day rappelle qu' »une autre bombe à retardement menace l’industrie de platine » : « Plusieurs mines, en particuliers celle d’Amplats, sont situées sur des terres confisquées pendant la période coloniale et d’apartheid. Leurs anciens propriétaires réclament aujourd’hui des compensations. » Alors que l’Afrique du Sud célèbre cette année le triste centenaire du « Land Act », une loi votée en 1913 pour confisquer les terres à la population noire du pays, le Business Day note que toutes « ces frustrations pourraient précipiter l’industrie de platine dans une crise supplémentaire. » La crise économique mondiale frappe de plein fouet une Afrique du Sud en pleine transformation politique et sociale, vingt ans après la fin de l’apartheid.

AFRIQUE DU SUD • « Annus horribilis » dans les mines de platine | Courrier international.

Guantanamo : une pétition au centième jour de

Guantanamo : une pétition au centième jour de la grève de la faim

Des militants vêtus de combinaisons orange et de cagoules noires s'alignaient devant les grilles de la Maison Blanche pour délivrer le même message : "Fermez Guantanamo"

Des militants vêtus de combinaisons orange et de cagoules noires s’alignaient devant les grilles de la Maison Blanche pour délivrer le même message : « Fermez Guantanamo » | REUTERS/© Joshua Roberts / Reuters

Au centième jour d’une grève de la faim sans précédent à Guantanamo, vendredi 17 mai, quelque trois cent soixante-dix mille personnes ont réclamé la fermeture de la prison controversée, dans une pétition remise à la Maison Blanche, selon les organisateurs. Alors qu’à des milliers de kilomètres de Washington, le nombre de détenus nourris de force a atteint son maximum dans l’histoire des grèves de la faim à Guantanamo, des militants vêtus de combinaisons orange et de cagoules noires s’alignaient devant les grilles de la Maison Blanche pour délivrer le même message : « Fermez Guantanamo. » « Immorale, illégale, inefficace », affichait une large banderole noire. DÉSESPOIR « Des années de détention sans inculpation ni procès ont créé un sentiment de désespoir chez les hommes de Guantanamo, qui sont plus de cent à avoir rejoint la grève de la faim », a déclaré Richard Killmer, directeur de la Campagne religieuse nationale contre la torture, lors du rassemblement, à l’appel aussi d’Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. Lire : Guantanamo : l’ONU dénonce l’alimentation forcée des grévistes de la faim Le colonel Morris Davis, ancien procureur militaire de Guantanamo, a remis à la Maison Blanche les noms de trois cent soixante-dix mille signataires d’une pétition qu’il avait lancée et qui exhorte Barack Obama : « Libérez-les, renvoyez-les chez eux ou traduisez-les en justice ! » Sur un pantin représentant Barack Obama, les militants avaient rappelé les déclarations du président : « Je pense qu’il est crucial pour nous de comprendre que Guantanamo n’est pas nécessaire pour garder l’Amérique en sécurité. » Ou encore : « Guantanamo coûte cher, elle ternit notre réputation internationale. » Lire : La Maison Blanche repart à l’offensive pour fermer la prison de Guantanamo A Cuba, cent deux des cent soixante-six détenus observaient vendredi une grève de la faim, dont certains depuis le 6 février, et trente d’entre eux étaient alimentés par des sondes naso-gastriques, selon les autorités de la prison. Le nombre de prisonniers ainsi nourris de force a atteint son plus haut niveau depuis 2005, la plus importante grève de la faim de Guantanamo touchait alors cent quarante-deux détenus sur cinq cent soixante-quinze, dont trente étaient alimentés par intubation, a précisé le lieutenant-colonel Samuel House. Vendredi, un seul détenu était hospitalisé, sans que sa vie soit en danger. Ils étaient jusqu’à six ces dernières semaines, a ajouté le porte-parole.

via Guantanamo : une pétition au centième jour de la grève de la faim.

Le cycle de vie des bulles


Source

Deux mathématiciens américains ont modélisé le cycle de vie des bulles. Un travail qui pourrait déboucher sur des applications médicales précieuses, comme la conception de prothèses plus performantes.

Deux mathématiciens de l’Université de Californie (Berkeley, États-Unis) ont mis en équation le comportement des agencements de bulles, dont l’un des exemples les plus familiers est celui des bulles de savon soufflées par les enfants, qui se collent parfois les unes aux autres sous forme d’une grappe volant dans les airs, tandis que les bulles qui la composent éclatent les unes après les autres…

Au cours de ce travail mathématique, les deux mathématiciens ont mis en évidence que le cycle de vie d’un agencement de bulles se subdivisait en trois phases. D’abord, il y a une phase de « réarrangement » au cours de laquelle les bulles glissent et se déplacent les unes par rapport aux autres jusqu’à ce que le système ait acquis une stabilité. Puis une deuxième phase de drainage, qui voit le liquide constituant les membranes de chaque bulle se diriger vers le bas sous l’effet de la gravité. Enfin, c’est la phase de rupture au cours de laquelle l’une ou l’autre des bulles du système éclate, à cause de sa membrane rendue trop fine suite à la migration du liquide vers le bas. Après l’éclatement de la bulle, le cycle peut recommencer…

Ces recherches ont fait l’objet d’un article publié le 10 mai 2013 dans la revue Science :
Source : « Multiscale Modeling of Membrane Rearrangement, Drainage, and Rupture in Evolving Foams », Science, 10 mai 2013

De ces travaux mathématiques, les deux scientifiques ont produit une vidéo qui modélise le cycle de vie d’un système de bulles artificielles

Ces travaux pourraient aider les industriels à concevoir des mousses industrielles plus performantes. Un enjeu particulièrement important pour la médecine, puisque les mousses solides (en latex, en métal…) sont notamment utilisées pour fabriquer du matériel médical tel que des prothèses de membres, lesquelles se doivent tout à la fois d’être légères et solides.

La « contre »-histoire de l’Internet : C’est un très

La « contre »-histoire de l’Internet :

C’est un très bon documentaire sur la vraie histoire d’Internet, plus qu’une contre histoire à proprement parler.

Voir le documentaire sur ARTE +7

Un article de Korben à ce propos

Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD

Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD | BUG BROTHER.

Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD, sur fond de flower power, de révolution sexuelle, de mouvements de libération (des Noirs, des femmes, des homosexuels aussi). Depuis, il a beaucoup grandi, mais son histoire fut mouvementée, et n’avait jamais vraiment été racontée.

Qui sait, par exemple, qu’en 1995 France Télécom voulait interdire l’Internet ? Manque de bol : la marque Internet avait été déposé par un jeune hacker, habitué à faire mumuse avec les services de renseignement, du temps où il n’y avait pas encore de vigiles dans les supermarchés, pour lancer 3615 Internet.

Dans la foulée, à la télé, la majeure partie des reportages et émissions évoquant le Net ne pouvait s’empêcher d’évoquer le fait qu’il serait truffé de pédophiles et de nazis, au point qu’on inventa le terme de « pédo-nazis » pour qualifier ce marketing de la peur visant in fine à diaboliser cette nouvelle utopie faisant la part belle à la liberté d’expression.

A l’époque, on entendait aussi souvent dire que l’Internet était un problème, parce que les lois ne s’y appliquaient pas, ce qui est tout bonnement faux : il n’y a PAS de « vide juridique » sur l’Internet, mais le répéter permet, a contrario, de faciliter la censure, et l’auto-censure, et de faire adopter des lois anti-Internet.

Autre signe de cette diabolisation : du jour au lendemain, sans raison, on n’a plus parlé de « fraude informatique« , mais de « cybercriminalité« , pour désigner les mêmes délits. La paranoïa était telle qu’en 1999, une dizaine d’internautes, venus manifester devant le 1er sommet mondial des régulateurs de l’Internet, organisé à Paris par le CSA, firent paniquer le service d’ordre, qui boucla les journalistes à l’intérieur de l’Unesco pour les empêcher d’écouter les arguments des manifestants.

Des histoires comme ça, j’en avais plein, au point d’en avoir fait un webdocumentaire, Une contre-histoire des internets, avec Julien Goetz, développé par l’équipe de J++ et habillé par Loguy. Nous avons interviewé près de 50 personnalités, plusieurs figures historiques de l’Internet, de Louis Pouzin à Julian Assange en passant par John Perry Barlow, Jeff Jarvis, Laurent Chemla ou Valentin Lacambre.

Une contre-histoire de l’Internet, le documentaire réalisé par Sylvain Bergère à partir de toutes ces interviews, qualifié de « conscience politique du net » par l’AFP, sera diffusé mardi 14 mai à 22h40 sur Arte, mais vous pouvez déjà le voir en avant-première ce week-end sur telerama.fr, qui nous a gratifié de 2 « T » (ce qui veut dire qu’ils ont « beaucoup » aimé /-) :

Erwan Cario, d’Ecrans.fr, m’avait invité à en parler dans son podcast malheureusement disponible qu’en Flash(TM), occasion de rappeler que l’Internet ne serait rien sans les hackers, qui s’en sont emparés, l’ont détourné, amélioré, façonné, pour nous permettre de nous y exprimer, de partager (parce qu’Internet est une machine à copier, et parce que quand on se parle, on ne se tire pas dessus). Face aux attaques incessantes dont ils faisaient l’objet, des hackers ont commencé à s’organiser pour créer des des médias libres pour une pensée libre et éviter d’en faire un Minitel 2.0, pour défendre nos libertés voire, dans certains pays, contribuer à faire la révolution ou, plus prosaïquement, pour créer des hackerspaces afin de permettre aux bidouilleurs et autres makers de hacker des objets physiques, pour s’amuser :

Si vous avez aimé, faites tourner l’info, les vidéos, l’horaire de diffusion du documentaire, venez raconter vos propres contre-histoires de l’Internet sur notre webdoc’, ça fera du bien aux internets. Et rendez-vous mercredi sur http://lesinternets.arte.tv/ pour la seconde partie du webdocumentaire, en mode accrochage et restitution.

Internet, SMS : comment Thales va mettre les

Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

 Emmanuel Paquette (L’Express) – publié le 07/05/2013 à 10:21

La France va se doter d’un système centralisé d’interception des données téléphoniques et internet. Mais les futures grandes oreilles de l’Etat, gérées par le groupe Thales, posent de graves problèmes. Surcoûts, failles de sécurité, risques de conflit d’intérêts… Révélations.

Dès cet été, les écoutes autorisées par la justice vont être centralisées au sein de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires.
Dès cet été, les écoutes autorisées par la justice vont être centralisées au sein de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires.
DR

Cette visite devait être une formalité. Ce fut une catastrophe. Le 15 février, Christian Vigouroux s’invite pour la première fois dans les locaux de Thales, le groupe de défense et d’électronique, à Elancourt, dans les Yvelines. Ce déplacement n’a officiellement jamais eu lieu. Et pour cause : le haut fonctionnaire, alors directeur de cabinet de la ministre de la Justice, veut vérifier de ses propres yeux où en sont les derniers préparatifs d’un projet secret, classé « confidentiel défense ». Son nom est tout ce qu’il y a de plus anodin : la PNIJ, pour « plate-forme nationale des interceptions judiciaires ». En réalité, derrière ce sigle, se cache un monstre numérique sur le point de s’éveiller.

Découvrez le nouveau système centralisé des écoutes téléphoniques et Internet:

Schéma complet de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ)

Conversations téléphoniques, SMS, MMS, Internet… Dès cet été, l’ensemble des communications mises sur écoute passera par ces grandes oreilles de l’Etat. Souhaité dès 2010 par l’ancien président Nicolas Sarkozy, ce système de surveillance va permettre de centraliser en un seul point plus de 5 millions de réquisitions judiciaires (liste des appels téléphoniques, identité d’un abonné derrière un numéro…) et près de 40 000 écoutes autorisées par les juges dans le cadre de leurs enquêtes.

À lire, en complément: Thales, l’écouteur écouté?

Et aussi: Internet passé au crible

Ce 15 février, pour s’assurer que ce titan ne porte pas atteinte à la vie privée des citoyens, la présidente de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), Isabelle Falque-Pierrotin, fait aussi le déplacement. L’Association française des magistrats instructeurs, également conviée, n’a pas daigné envoyer de représentant, signifiant ainsi la désapprobation des juges, qui n’ont jamais été consultés.

Cette petite délégation est accueillie par plusieurs responsables de Thales – des « guides » omniprésents tout au long d’une visite très encadrée. Ce jour-là, les émissaires de la garde des Sceaux se sentent alors dépossédés de leur projet. Ils comprennent qu’une partie de leurs prérogatives est désormais tombée entre les mains d’une société privée (même si « l’Etat est actionnaire »). Le golem leur échappe. Pourtant, d’autres implantations avaient été envisagées, comme les locaux de la police, sur le site de Nanterre, ou ceux des gendarmes, sur celui de Rosny-sous-Bois. La place Vendôme, siège du ministère, avait également été évoquée. Mais ces points de chute ont tous été écartés pour des raisons de capacités d’accueil.

La centralisation engendre un risque majeur

A la veille de son entrée en vigueur, avec deux ans de retard sur le calendrier initial, le « Big Brother » français pose surtout des problèmes d’une tout autre gravité : risque sur la sécurité des données, appel d’offres biaisé, dépassement de budget, coûts cachés et conflits d’intérêts avec le groupe Thales, lui-même sous le coup de plusieurs enquêtes. Autant de dérives que L’Express est en mesure de révéler.

Sur le papier, le projet était pourtant séduisant. Il permettait, à la fois, de gérer l’explosion des réquisitions et de réduire les coûts. Car l’augmentation continue du nombre d’écou-tes téléphoniques ou des interceptions de SMS ne cesse de grever le budget de la Justice. En cinq ans, les dépenses ont ainsi pratiquement doublé, passant de 55 à 106 millions d’euros en 2011. Et l’inflation n’est pas près de s’arrêter, étant donné l’accroissement de la surveillance des échanges sur l’Internet fixe et mobile.

L’envoléee des coûts Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

Jusqu’à présent, les opérateurs de télécommunications étaient défrayés lors de chaque interception. Ils envoyaient les informations une fois saisies aux officiers de police et de gendarmerie. Six petites sociétés privées épaulaient alors les forces de l’ordre en leur fournissant gratuitement du matériel pour retranscrire les écoutes (lignes sécurisées, ordinateurs, logiciels). La PNIJ, elle, permet de tout regrouper, de réaliser des économies et de faire disparaître près de 1 million de documents administratifs. Adieu la paperasse. « Il a été décidé de renforcer la sécurité autour des réquisitions et des écoutes, explique Richard Dubant, responsable de la Délégation aux interceptions judiciaires (DIJ). Pour cela, seule une grande entreprise comme Thales possède les capacités techniques suffisantes pour gérer des volumes à traiter de plus en plus importants. »

Mais ce tableau idyllique se fracasse aujourd’hui contre le mur de la réalité. D’abord, la centralisation même des informations en un seul lieu engendre un risque majeur. Dès 2011, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, s’en était ému dans une note confidentielle dont L’Express a obtenu copie. Ce proche de Nicolas Sarkozy n’hésitait pas alors à déclarer que cette plate-forme était « une cible potentielle, du fait même de la concentration de données sensibles », avant de préciser : « Cette fragilité a été soulignée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information [Anssi]. » Un autre sujet l’alarmait. Il s’agit de la difficulté pour le ministère de changer d’hébergeur. « Nous pouvons récupérer l’ensemble des éléments à tout moment, se défend Richard Dubant. D’ailleurs, il est prévu de rapatrier un jour la PNIJ au sein de la Justice. »

Cinq entreprises, s’estimant lésées, ont attaqué en justice

Plus inquiétant encore, afin que son bon fonctionnement soit assuré, la plate-forme doit être dotée d’une soeur jumelle, qui prendrait le relais en cas de pannes. Or, selon nos informations, celle-ci est, elle aussi, basée à Elancourt, à 300 mètres seulement de la première. Un éloignement insuffisant en cas d’incendie, d’accident ou d’actes de malveillance. « Les bonnes pratiques en la matière exigent une installation située à une distance entre 20 et 30 kilomètres du premier site », estime Marc Ayadi, consultant associé en sécurité informatique chez Deloitte.

Le système actuel, quoique imparfait et dispersé, ne soulève pas ce type de problèmes. Les centrales d’écoutes sont éparpillées sur tout le territoire. Pour l’heure, six entreprises (Foretec, Elektron, Amecs, Azur Integration, Midi System et SGME) équipent gratuitement quelque 350 centres de police et de gendarmerie par le biais de lignes sécurisées et de plus de 10 000 ordinateurs, selon leurs dires. Difficile pour des malfrats de repérer l’endroit où se trouvent les données les concernant. Ces six sociétés rentabilisent leurs investissements en facturant leurs prestations à des tarifs élevés, même si ceux-ci ont baissé de près de la moitié ces dernières années. « En cas de panne, les transferts peuvent facilement être [basculés] d’un centre sur un autre en un temps très court. La PNIJ devra pouvoir relever ce défi », déclarait, en octobre dernier, la prudente Cour des comptes.

Aujourd’hui, voyant ce marché leur échapper, cinq de ces six entreprises se sont regroupées pour attaquer en justice l’appel d’offres du ministère dont, au passage, elles n’ont jamais été informées. De fait, ce dossier avait été classé « confidentiel défense » afin que soient écartés plusieurs groupes étrangers comme l’israélien Nice Systems ou le danois ETI Connect, attirés par ce juteux marché. Le tribunal administratif de Paris leur a donné raison, estimant que « la garde des Sceaux [avait] commis une erreur manifeste d’appréciation » en les excluant. Pour l’Etat, hors de question cependant de faire machine arrière, car « l’annulation [de ce] contrat porterait une atteinte excessive à l’intérêt général »… Plus de 15 millions d’euros ont en effet déjà été engagés. Le tribunal propose donc aux plaignants de demander des dédommagements à la justice. Si elle aboutissait, leur requête alourdirait une facture déjà bien salée.

La moralisation de la vie politique menacée

Faisons les comptes. A l’origine, le Big Brother devait coûter 17 millions d’euros. A présent, la douloureuse se monte à 43 millions. Au bas mot. Car Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et Numericable ont dû déployer des fibres optiques jusqu’au site d’Elancourt pour répondre à leurs obligations légales d’acheminer les communications. En considérant les frais de mise à jour de leurs systèmes d’information, ils sont en droit de se faire rembourser une quinzaine de millions d’euros supplémentaires. Mais il y a pire. Comme le souligne Francis Nebot, secrétaire national du syndicat Synergie officiers : « Les réseaux Internet de la police nationale n’offrent pas les débits suffisants pour se connecter à ce système dans de bonnes conditions et accéder aux écoutes à distance. Du coup, le ministère de l’Intérieur va devoir investir pour redimensionner nos réseaux. On nous a offert une Ferrari sans avoir les routes pour la faire rouler ! »

Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

 Emmanuel Paquette (L’Express) – publié le 07/05/2013 à 10:21

La France va se doter d’un système centralisé d’interception des données téléphoniques et internet. Mais les futures grandes oreilles de l’Etat, gérées par le groupe Thales, posent de graves problèmes. Surcoûts, failles de sécurité, risques de conflit d’intérêts… Révélations.

Selon ce syndicat, l’ardoise pourrait donc s’allonger de 40 à 50 millions d’euros. Et encore, ce montant n’inclut pas les dépenses engagées par les gendarmes et les douanes. « Si cela s’avère nécessaire, il est convenu que le ministère de l’Intérieur prenne à sa charge le réseau de la police », argumente Richard Dubant, manifestement soucieux de rassurer son monde.

La PNIJ doit être mise en service en septembre prochain et rendre obsolètes les trois plates-formes actuellement spécialisées dans l’interception des données. L’une concerne les SMS (le STIJ) : elle a coûté plus de 1 million d’euros. Les deux autres ont trait à l’Internet fixe et mobile. Appelées Cariatide et Primatice, elles vont également cesser leurs activités. Quant aux six entreprises gérant les centrales d’écoutes téléphoniques, elles vont reprendre les 10 000 ordinateurs mis jusqu’ici à la disposition de la police. « Finalement, pour écarter des petites sociétés privées du marché des écoutes, ils ont fait appel à une grosse société… privée. Tout cela est ubuesque », observe avec amusement un ancien gendarme.

En plein débat sur la moralisation de la vie politique voulue par François Hollande, l’éveil prochain de la PNIJ paraît bien problématique. Par exemple, les gouvernants pourraient-ils avoir accès à des enquêtes en cours les concernant, eux ou leurs proches, en se connectant directement à cette plate-forme ? Nul ne le sait. Le risque est important. Et, d’abord, pour Thales lui-même. « Même si, techniquement, cette hypothèse paraît improbable, un comité de contrôle de six « sages » va être constitué pour apporter toutes garanties aux citoyens », confie Richard Dubant. Une manière aussi de répondre à la question que tout le monde se pose : « Qui surveillera les surveillants ? »

 

Dites bonjour à cet enf**** de TPP.. Qu’est-ce qui

Dites bonjour à cet enf**** de TPP..

 ColèreQu’est-ce qui est grand, corrompu, terrifiant et pire que l’ACTA? TPP.

L’ACTA, un terrifiant projet de loi digne d’un SOPA sous stéroïdes avait défrayé la chronique et pour cause, en tentant d’imposer un contrôle de l’internet à base de délation. Mort et enterré, ça n’avait pas été simple.

Hélas, les projets de loi, c’est un peu comme les cartes Magic, vous sacrifiez un monstre pour qu’un autre, plus puissant, renaisse… Dites bonjour au Trans-Pacific Partnership aka TPP. Le PPT est susceptible d’exporter les pires aspects de la loi américaine sur le copyright au reste du monde.

Etant donné la nature secrète des négociations depuis son entrée en vigueur le 28 mai 2006, nous n’avons que quelques éléments de réponse et uniquement en raison de la fuite d’un PDF en février 2011. Des débuts pour le moins démocratiques…

On ne sait par où commencer… L’interdiction de briser les verrous numériques sur les appareils  et les créations, même légalement ? La durée minimale d’un copyright serait de 70  ans au lieu des 50 actuels ?

Des dommages-intérêts ruineux sans preuve d’un préjudice réel et des saisies par l’État d’ordinateurs et d’équipements impliqués dans une violation de copyright ? La privatisation de l’application de violation du droit d’auteur ?

Pis il n’exporte pas les nombreuses exceptions qui favorisent l’intérêt public et agissent comme des soupapes de sécurité en limitant la protection des titulaires de droits.

Ajoutons que le TPP va probablement créer des effets effrayants sur comportement des internautes et des entreprises en ligne. Leur capacité à utiliser et à créer sur le Web en sera de toutes les façons bouleversée. Diverses accusations sont évoquées comme la tentative de censure d’Internet et de la suppression de la liberté du Web… Autant dire que d’un coup, l’hadopi nous fait bien marrer…

L’objectif déclaré du TPP est d’unir les pays du Pacifique dans une harmonisation des tarifs et des règles commerciales, mais en réalité… La «propriété intellectuelle» de cet accord commercial massif va imposer le changement du système de droit d’auteur et de brevets dans chacun des pays signataires. Il ne s’agit pas seulement de réécrire les lois nationales, mais aussi de limiter la possibilité d’adopter des lois plus équilibrées à l’avenir.

La conclusion est prévue pour octobre. La seule façon de se battre est de montrer que nous ne pouvons permettre ceci, chacun doit exiger un processus ouvert et transparent permettant d’analyser toutes les initiatives visant à réglementer l’Internet. Le secret doit être arrêté une bonne fois pour toutes. Soyons vindicatifs.

La seule bonne nouvelle ? Le TPP est limité à la région du Pacifique. Pour l’instant.

 TPP

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