Archive | mars 2013

Au Tibet, « même se suicider est puni »

Au Tibet, « même se suicider est puni »

La nuit venait de tomber sur Kangtsa. Il devait être 20 heures, se souviennent les habitants de ce village reculé de l’Amdo, le Nord-Est tibétain, aujourd’hui intégré pour l’essentiel à la province chinoise du Qinghai. A 3700 mètres d’altitude, la soirée est déjà glaciale, le 19 novembre 2012. Les habitants ne s’attardent pas à l’extérieur. 

Il n’empêche, trois personnes assistent malgré elles à la scène, devant le petit monastère qui héberge 40 religieux, au coeur de ce hameau d’éleveurs de yaks et de chèvres. Un homme déverse sur lui un bidon d’essence. Il gratte une allumette et s’embrase. Les trois témoins ne savent comment réagir. « Ils ont pris peur », raconte un voisin.

Les hurlements brisent le silence nocturne sur ce haut plateau aride. Les villageois se pressent alors sur la courte allée, la seule pavée, qui relie le stupa blanc et les moulins à prières, à l’entrée du petit monastère au toit doré. La famille de Wangchen Norbu se précipite à son tour. « Ils ont crié: « C’est notre garçon! C’est notre garçon! » » rapporte un témoin. Mais il était déjà mort. A 25 ans, pas encore marié, Norbu était plutôt discret. Il fut le 77e Tibétain à s’immoler depuis 2009.

L’hémorragie se poursuit, et s’aggrave: le bilan atteint déjà plus de 110 personnes, dont 1 sur 2 a tenté de se tuer dans les cinq derniers mois. Le 19 février dernier, dans la province du Sichuan, deux jeunes de 17 et 18 ans, anciens camarades de classe à l’école primaire, se sont suicidés ensemble par les flammes. Dix jours avant que Norbu se donne la mort, les villageois avaient organisé une discrète veillée de prière à la mémoire des sacrifiés.

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(Wangchen Norbu, 25 ans,a été le 77e Tibétai nà s’immoler depuis 2009.)

Les corps des immolés sont saisis par les autorités

Cet ami fut choqué de constater que Norbu était passé à l’acte, à son tour. Même entre proches, chacun hésite à évoquer le sujet: « Nous ne parlons pas du problème tibétain entre nous. » Le gouvernement chinois a mis en place un réseau de délateurs; la parole d’un homme, même dans un village reculé, peut conduire en prison. 

Voilà pourquoi, sans doute, la famille du défunt ne nous dira pas un mot. Un khata blanc, symbole de coeur pur et parfois de deuil, reste accroché à la porte de la maison. A l’intérieur, même les enfants qui apprennent le mandarin à l’école feignent de ne pas comprendre cette langue, tandis qu’une femme récite sans discontinuer ses prières en servant du thé. Une photo rappelle simplement que Norbu vivait ici. 

Ses proches ont raison de se murer dans le silence. A une vingtaine de kilomètres de là, autour du grand monastère de Rebkong, la police a effectué une descente, le 8 février dernier, et détenu 70 personnes. 12 ont été formellement arrêtées. L’action policière est une forme de représailles, car huit Tibétains s’étaient donné la mort dans ce centre religieux.

La Chine impute la responsabilité de ces suicides à la « clique » du dalaï-lama -le leader spirituel des Tibétains, exilé dans l’Inde voisine- comme on accuserait Al-Qaïda d’être derrière un attentat. Blâmer les conspirateurs étrangers a le mérite de légitimer une nouvelle vague répressive plutôt que de s’interroger sur un éventuel échec à convaincre sa minorité la plus turbulente. D’autant que l’opinion chinoise n’est pas très regardante. Depuis l’avènement des microblogs, certes, beaucoup d’internautes s’en prennent chaque jour au pouvoir en place, accusé de corruption et d’autres dérives. 

La majorité des Chinois, toutefois, a appris à lire le problème tibétain comme une question d’unité patriotique face au conspirateur étranger qui voudrait déchirer l’empire. Sans vergogne, les médias du Parti communiste, le peu de fois où ils les évoquent, s’efforcent de trouver un motif à chacun des suicides: un était alcoolique, un étudiant ne parvenait plus à surmonter le stress, une femme avait couché avec plusieurs hommes puis divorcé, un autre « cherchait la gloire »…

Les habitants de la région racontent une tout autre histoire. « Notre problème, c’est que nous avons perdu notre liberté à cause des Chinois, rectifie un habitant de Kangtsa. Et il n’y a aucune possibilité de se plaindre. Les gens se tuent, car ils n’ont plus d’autre moyen de montrer leur désespoir. Même se suicider est puni. » 

Après son décès, le cadavre carbonisé de Wangchen Norbu fut placé sous une photo du dalaï-lama et recouvert de foulards de soie. En cela, le bourg de Kangsta a bénéficié de son éloignement géographique: la route la plus proche est à une dizaine de kilomètres, et il faut emprunter un sentier vertigineux pour l’atteindre. Dans les grands monastères, bon nombre de corps d’immolés sont saisis par les autorités, craignant les rassemblements hostiles.

Les gens se tuent, car ils n’ont plus d’autre moyen de montrer leur désespoir

Le dalaï-lama, un « loup en robe de moine »

Pendant qu’il mourait, Norbu a hurlé un message indépendantiste. Personne, à Kangtsa, n’ose reprendre ces mots, des plus dangereux. « Si je le répète, je risque d’être condamné à mon tour », craint son ami. Paradoxalement, l’Amdo n’a jamais été sous la souveraineté des dalaï-lamas depuis le XVIIe siècle. Les nombreux liens religieux et culturels avec Lhassa ont créé un sentiment d’unité, certes, mais lorsque le Tibet connut l’indépendance, au cours de la première moitié du xxe siècle, l’Etat d’alors n’englobait même pas ce coin où, aujourd’hui, on brûle pour le Tibet libre. 

« Le sens d’une identité tibétaine commune a été renforcé par les efforts de la République populaire visant à assimiler tous les Tibétains ensemble dans un seul et même groupe », estime Gray Tuttle, professeur au département d’études tibétaines de l’université Columbia, à New York. 

Dans cette région, la Chine n’a imposé ses campagnes d' »éducation patriotique » qu’à partir de l’automne 1997. Le gouvernement ravala les libertés religieuses concédées, au début des années 1980, par le progressiste secrétaire du Parti communiste chinois (PCC), Hu Yaobang. A l’époque, dans la République populaire, on était relativement libre de prier et de vivre sa culture -à l’échelle du Tibet, du moins. Les plus rétrogrades au sein du PCC s’inquiétèrent: en cédant trop, Pékin ne risquait-il pas de perdre le contrôle? Chaque Tibétain fut alors contraint de dénoncer personnellement le dalaï-lama, ce « loup en robe de moine ». 

Chacun évoque la répression, encore plus dure depuis le soulèvement de 2008, pour expliquer les suicides. La région était pourtant faiblement politisée. A la différence des habitants de Lhassa, où nombre de Tibétains n’avaient jamais vu de Chinois avant l’invasion de l’Armée populaire de Libération, en 1951, et où le mélange reste problématique depuis, ceux de Kirti, de Labrang, de Rebkong, les trois monastères autour desquels se déroulent la plupart des immolations, étaient accoutumés à la proximité des Han, l’ethnie majoritaire en Chine. Ici, dépendre de Pékin n’était pas problématique en soi. 

Cela l’est devenu ensuite, lorsque les autorités se sont attaquées à la prière, autour de laquelle s’articule toute la vie dans cette région pieuse. Dans ces contrées, on passe des journées à tourner autour du monastère, ou à parcourir des centaines de kilomètres en pélerinage, le nez dans la poussière, le long de la route nationale. Tout ça pour une religion au sommet de laquelle trône l’un des pires ennemis du régime, le Nobel de la paix de 1989.

Nous apprenons seuls la parole du dalaï-lama, à l’aide de manuels

Tout devint suspect. « Connaissez-vous le dalaï-lama? » demande un fermier de Kangtsa, ami du défunt Norbu. « Il est interdit d’évoquer son message, poursuit-il. Nous n’avons même plus le droit d’apprendre notre propre langue à l’école, il faut apprendre le chinois. Nous apprenons seuls la parole du dalaï-lama, à l’aide de manuels. Mais c’est prohibé par le gouvernement. » 

Dans sa loge, un moine de la région se félicite d’avoir toujours la photo du Prix Nobel de la paix de 1989 sur lui, grâce à une astuce subtile. Le visage du révéré lama apparaît sur son médaillon mais seulement du côté qui colle au bas de son cou, jamais au grand jour. Il sort d’un tiroir les documents que la préfecture est venue tout récemment lui distribuer. Un manuel jaune, en deux volumes, imprimé en décembre 2012 et titré Education idéologique du citoyen

Une circulaire recto verso rappelle, en caractères chinois, ce que le PCC accomplit : l’éducation, l’accès aux soins, les infrastructures. Le dernier paragraphe ne manque pas d’ironie: des officiels chinois communistes y rappellent aux moines tibétains les supposés préceptes… du bouddhisme tibétain – il faut vigoureusement s’opposer au meurtre et au suicide.

Impossible d’obtenir un passeport

L’un et l’autre sont plus ou moins assimilés, d’ailleurs, dans l’esprit du pouvoir. Quelques kilomètres plus haut, une semaine plus tôt, un homme de 27 ans nommé Phagpa a été condamné à treize ans de prison, à l’issue d’un procès sommaire, pour « homicide volontaire » et « séparatisme » – il avait, prétendument, poussé un homme à s’immoler. Au fil des articles de propagande, il se repent et assure qu’il a été parfaitement traité sous les auspices de la sécurité chinoise, qui lui a même inculqué « davantage de connaissances juridiques ».

Confronté à la série des immolations, le PCC serre à nouveau d’un cran. Cinq personnes se sont donné la mort à Hezuo, où une ville nouvelle chinoise s’impose désormais face à l’immense monastère qui fut détruit pendant la Révolution culturelle, puis reconstruit ; deux se sont immolées au pied d’un grand stupa blanc, dont une femme de 26 ans, mère de deux enfants. En réponse, une tente de police protégée par des barricades antiémeutes a été installée à l’entrée du monastère. 

Sur la rue principale qui traverse la ville nouvelle, les casernes paramilitaires se jouxtent. Dans l’une d’elles, six camions de transport de troupes sont garés dans le sens de la sortie, au cas où… La police bloque de fait l’accès de la région à la presse étrangère. Y accéder est un jeu du chat et de la souris, qui ne se gagne qu’en circulant de nuit et sur les routes les plus reculées, en empruntant des cols enneigés avoisinant les 4000 mètres. 

Une vingtaine de kilomètres au nord du village où Wangchen Norbu mit fin à ses jours, un moine de la communauté de Wendu se console comme il peut : il lui reste possible d’exposer une photo du dalaï-lama en plein monastère. Les autorités font semblant de ne pas voir, car personne ne s’est encore immolé dans ce village. Il est pourtant bien incapable d’assurer qu’aucun moine n’en viendra à se tuer ici aussi. Les restrictions sont chaque jour plus pénibles. 

Il était déjà impossible d’obtenir un passeport, le gouvernement voulant bloquer les candidats au départ pour Dharamsala, capitale des exilés, dans le nord de l’Inde. Depuis l’an dernier, il lui est également interdit de se rendre dans la région autonome du Tibet, car Pékin veut éviter que la vague d’immolations n’embrase le Tibet central. « Les Han, eux, peuvent voyager partout, remarque-t-il sur un ton résigné. Nous n’avons pas les mêmes libertés. Nous n’avons pas de droits. Il n’y a aucune autre issue, alors on se tue. »

L’exception culturelle française, ligne Maginot intenable à l’ère d’Internet

Culture – LeMonde.fr

L'exception culturelle française, ligne Maginot intenable à l'ère d'Internet.

La France s’arc-boute sur son « exception culturelle » pour empêcher que les services culturels et audiovisuels ne fassent partie des accords commerciaux bi ou multilatéraux. Pourtant, internet accélère l’abolition des frontières et les œuvres numérisées doivent pouvoir circuler librement pour profiter de la diversité et du métissage culturels qu’offre le monde.

Le sujet est sensible, voire épidermique, et devient une affaire d’Etats. Plus les négociations entre pays ou continents s’intensifient en vue de créer voire de renforcer des espaces de libre-échange transfrontaliers pour le commerce de biens et de services, plus s’élèvent les voix d’opposants pour que les services culturels et audiovisuels continuent à en être exclus au nom de la sacro-sainte exception culturelle.

L’ouverture des négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis ravive les passions, tout comme le projet de libre-échange avec le Canada. La France est en Europe aux avant-postes de ce combat pour défendre sa propre ligne Maginot culturelle. Et les gardiens du financement de la création – films de cinéma, programmes de télévision, voire musiques enregistrées – en appellent aux pouvoirs publics, au risque de verser dans le nationalisme culturel. En quelques jours, et jusqu’au plus haut sommet de l’Etat français, les craintes se sont exprimées sur un soi-disant « danger » de voir la culture et l’audiovisuel faire partie de ces futurs grands espaces commerciaux.

CHERCHER LE SUCCÈS PARTOUT DANS LE MONDE

Il faut dire que, sanctuarisés par la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, signée le 20 octobre 2005 à Paris sous l’égide de l’Organisation des nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), les services culturels et audiovisuels ont jusque-là été écartés de cette libéralisation mondiale. Or la numérisation des œuvres et leur diffusion sur internet – lequel est dépourvu de frontières, faut-il le rappeler – changent aujourd’hui la donne.

Lorsque la convention de l’Unesco est entrée en vigueur, le 18 mars 2007, soit trois mois après l’adhésion de l’Union européenne, la vidéo à la demande, la télévision de rattrapage, les jeux vidéo en ligne, la radio numérique ou la TV connectée n’existaient pas encore, et la musique en ligne n’avait pas encore donné toute sa mesure. L’audiovisuel, entré depuis dans l’ère du tout-numérique après s’être affranchi des monopoles d’Etat de radio-télédiffusion, promet aux œuvres dématérialisées un rayonnement culturel non seulement local mais aussi international.

En France, le financement de la création (films, séries, musiques, jeux vidéo, …) ne devrait plus dépendre pour une bonne part de subventions publiques, d’aides d’Etat, de quotas de diffusion, d’obligations de (co)financement ou de chronologies des médias. D’autant que ces dispositifs relèvent souvent de carcans réglementaires contraignants, instaurés au siècle dernier à l’échelon national, qui pèsent notamment sur les chaînes de télévision ou les fournisseurs d’accès à Internet soumis à contribution. Le (pré)financement des œuvres doit lui aussi s’affranchir des frontières pour trouver de nouveaux investisseurs capables de prendre les risques d’aller chercher le succès auprès d’un plus large public, partout dans le monde.

UNE NOUVELLE BALANCE CULTURELLE EXTÉRIEURE

La diffusion des œuvres par internet va y contribuer, pour représenter à terme l’essentiel du rayonnement culturel des pays ou des continents. Exclure les services culturels et audiovisuels de ces échanges transfrontaliers reviendrait à mettre internet à l’écart de la libre circulation des œuvres. Un comble ! Les américains Apple, Amazon, Google/YouTube, Netflix ou Hulu ne doivent plus être perçus comme des menaces et être prétextes pour brandir l’exception culturelle comme bouclier du patriotisme culturel. Ces plate-formes venus du Nouveau monde sont aussi nos alliées, qui offrent de formidables opportunités de « mondovision » pour les œuvres du Vieux continent. L’accord de libre-échange « US-UE » devra d’ailleurs veiller à l’équilibre de la nouvelle balance culturelle extérieure. Ce serait aussi l’occasion historique pour régler une bonne fois pour toutes les distorsions de concurrence entre les géants du net américains et les groupes de médias européens, les premiers profitant du patchwork fiscal des Vingt-sept et les seconds étant pénalisés par des obligations réglementaires d’un autre temps.

Et si le Vieux continent se donnait les moyens de créer un véritable marché unique du numérique et de la culture, à commencer par la réforme en cours de la gestion des droits de propriété intellectuelle, des champions du net européens tels que Spotify, Dailymotion ou demain Videofutur pourraient mieux s’appuyer sur leur marché domestique pour conquérir plus rapidement les Etats-Unis et le reste du monde. L’Union européenne a bien tenté une ouverture au sein des Vingt-sept en remplaçant en 2007 la directive « Télévision sans frontières » par celle des services de médias audiovisuels à la demande. Mais il lui faut maintenant aller plus loin dans la libre circulation des œuvres.

Il serait donc malvenu de laisser l’Union européenne s’ouvrir un peu plus au monde, à travers des accords bilatéraux ou multilatéraux (Etats-Unis, Canada, Japon, Inde, Corée du Sud, …), sans qu’elle puisse aussi le faire avec les services audiovisuels et culturels. Le rayonnement de l’Europe ne saurait se réduire à la seule marchandisation.

Charles de Laubier (journaliste, rédacteur en chef de Edition Multimédi@)

Baghdad, 10 ans déjà

euronews l’image du jour

Baghdad, 10 ans déjà.

La Corée du Nord diffuse un montage du Capitole en flammes | Courrier international.

La Corée du Nord a diffusé mardi une nouvelle vidéo de propagande dans laquelle la Maison Blanche et le Capitole à Washington subissent un déluge de feu.

Ce film de 4 minutes intitulé « Des tempêtes de feu vont s’abattre sur les quartiers généraux de la guerre » (http://y2u.be/DyapeCiOl9A) a été posté lundi sur la chaîne YouTube du site officiel du régime nord-coréen, Uriminzokkiri, qui diffuse la propagande des médias d’Etat.

La première moitié fait défiler des photos de chasseurs, de bombardiers B-52 et de porte-avions américains. « Seconde après seconde, la guerre nucléaire se rapproche », assure une commentatrice.

La vidéo montre ensuite la Maison Blanche dans une ligne de mire, puis le dôme du Capitole explosant dans une gerbe de feu. Les trucages sont produits grâce à des techniques d’animation graphique relativement élémentaires.

« Nos missiles stratégiques ont une portée illimitée », poursuit la narratrice.

Deux précédentes vidéos montraient New York détruite dans les flammes, puis le président Barack Obama et des soldats US subissant le même sort.

Pyongyang a menacé les Etats-Unis de « frappes préventives » après le vote à l’ONU de sanctions contre le régime nord-coréen qui a réalisé en février son troisième essai nucléaire malgré les multiples résolutions l’en interdisant.

Manifestations en Espagne pour une « Europe des peuples ».

Manifestations en Espagne pour une « Europe des peuples ».

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Des manifestants, le visage dissimulé sous des sacs aux couleurs de l’Europe, scandaient “Pour une Europe des peuples, contre une Union européenne des marchés”, lors d’une conférence de presse des membres de la Plateforme des victimes de l’hypothèque (PAH) devant le Parlement espagnol à Madrid. REUTERS/Susana Vera

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