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La « contre »-histoire de l’Internet : C’est un très

La « contre »-histoire de l’Internet :

C’est un très bon documentaire sur la vraie histoire d’Internet, plus qu’une contre histoire à proprement parler.

Voir le documentaire sur ARTE +7

Un article de Korben à ce propos

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Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD

Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD | BUG BROTHER.

Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD, sur fond de flower power, de révolution sexuelle, de mouvements de libération (des Noirs, des femmes, des homosexuels aussi). Depuis, il a beaucoup grandi, mais son histoire fut mouvementée, et n’avait jamais vraiment été racontée.

Qui sait, par exemple, qu’en 1995 France Télécom voulait interdire l’Internet ? Manque de bol : la marque Internet avait été déposé par un jeune hacker, habitué à faire mumuse avec les services de renseignement, du temps où il n’y avait pas encore de vigiles dans les supermarchés, pour lancer 3615 Internet.

Dans la foulée, à la télé, la majeure partie des reportages et émissions évoquant le Net ne pouvait s’empêcher d’évoquer le fait qu’il serait truffé de pédophiles et de nazis, au point qu’on inventa le terme de « pédo-nazis » pour qualifier ce marketing de la peur visant in fine à diaboliser cette nouvelle utopie faisant la part belle à la liberté d’expression.

A l’époque, on entendait aussi souvent dire que l’Internet était un problème, parce que les lois ne s’y appliquaient pas, ce qui est tout bonnement faux : il n’y a PAS de « vide juridique » sur l’Internet, mais le répéter permet, a contrario, de faciliter la censure, et l’auto-censure, et de faire adopter des lois anti-Internet.

Autre signe de cette diabolisation : du jour au lendemain, sans raison, on n’a plus parlé de « fraude informatique« , mais de « cybercriminalité« , pour désigner les mêmes délits. La paranoïa était telle qu’en 1999, une dizaine d’internautes, venus manifester devant le 1er sommet mondial des régulateurs de l’Internet, organisé à Paris par le CSA, firent paniquer le service d’ordre, qui boucla les journalistes à l’intérieur de l’Unesco pour les empêcher d’écouter les arguments des manifestants.

Des histoires comme ça, j’en avais plein, au point d’en avoir fait un webdocumentaire, Une contre-histoire des internets, avec Julien Goetz, développé par l’équipe de J++ et habillé par Loguy. Nous avons interviewé près de 50 personnalités, plusieurs figures historiques de l’Internet, de Louis Pouzin à Julian Assange en passant par John Perry Barlow, Jeff Jarvis, Laurent Chemla ou Valentin Lacambre.

Une contre-histoire de l’Internet, le documentaire réalisé par Sylvain Bergère à partir de toutes ces interviews, qualifié de « conscience politique du net » par l’AFP, sera diffusé mardi 14 mai à 22h40 sur Arte, mais vous pouvez déjà le voir en avant-première ce week-end sur telerama.fr, qui nous a gratifié de 2 « T » (ce qui veut dire qu’ils ont « beaucoup » aimé /-) :

Erwan Cario, d’Ecrans.fr, m’avait invité à en parler dans son podcast malheureusement disponible qu’en Flash(TM), occasion de rappeler que l’Internet ne serait rien sans les hackers, qui s’en sont emparés, l’ont détourné, amélioré, façonné, pour nous permettre de nous y exprimer, de partager (parce qu’Internet est une machine à copier, et parce que quand on se parle, on ne se tire pas dessus). Face aux attaques incessantes dont ils faisaient l’objet, des hackers ont commencé à s’organiser pour créer des des médias libres pour une pensée libre et éviter d’en faire un Minitel 2.0, pour défendre nos libertés voire, dans certains pays, contribuer à faire la révolution ou, plus prosaïquement, pour créer des hackerspaces afin de permettre aux bidouilleurs et autres makers de hacker des objets physiques, pour s’amuser :

Si vous avez aimé, faites tourner l’info, les vidéos, l’horaire de diffusion du documentaire, venez raconter vos propres contre-histoires de l’Internet sur notre webdoc’, ça fera du bien aux internets. Et rendez-vous mercredi sur http://lesinternets.arte.tv/ pour la seconde partie du webdocumentaire, en mode accrochage et restitution.

Internet, SMS : comment Thales va mettre les

Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

 Emmanuel Paquette (L’Express) – publié le 07/05/2013 à 10:21

La France va se doter d’un système centralisé d’interception des données téléphoniques et internet. Mais les futures grandes oreilles de l’Etat, gérées par le groupe Thales, posent de graves problèmes. Surcoûts, failles de sécurité, risques de conflit d’intérêts… Révélations.

Dès cet été, les écoutes autorisées par la justice vont être centralisées au sein de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires.

Dès cet été, les écoutes autorisées par la justice vont être centralisées au sein de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires.
DR

Cette visite devait être une formalité. Ce fut une catastrophe. Le 15 février, Christian Vigouroux s’invite pour la première fois dans les locaux de Thales, le groupe de défense et d’électronique, à Elancourt, dans les Yvelines. Ce déplacement n’a officiellement jamais eu lieu. Et pour cause : le haut fonctionnaire, alors directeur de cabinet de la ministre de la Justice, veut vérifier de ses propres yeux où en sont les derniers préparatifs d’un projet secret, classé « confidentiel défense ». Son nom est tout ce qu’il y a de plus anodin : la PNIJ, pour « plate-forme nationale des interceptions judiciaires ». En réalité, derrière ce sigle, se cache un monstre numérique sur le point de s’éveiller.

Découvrez le nouveau système centralisé des écoutes téléphoniques et Internet:

Schéma complet de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ)

Conversations téléphoniques, SMS, MMS, Internet… Dès cet été, l’ensemble des communications mises sur écoute passera par ces grandes oreilles de l’Etat. Souhaité dès 2010 par l’ancien président Nicolas Sarkozy, ce système de surveillance va permettre de centraliser en un seul point plus de 5 millions de réquisitions judiciaires (liste des appels téléphoniques, identité d’un abonné derrière un numéro…) et près de 40 000 écoutes autorisées par les juges dans le cadre de leurs enquêtes.

À lire, en complément: Thales, l’écouteur écouté?

Et aussi: Internet passé au crible

Ce 15 février, pour s’assurer que ce titan ne porte pas atteinte à la vie privée des citoyens, la présidente de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), Isabelle Falque-Pierrotin, fait aussi le déplacement. L’Association française des magistrats instructeurs, également conviée, n’a pas daigné envoyer de représentant, signifiant ainsi la désapprobation des juges, qui n’ont jamais été consultés.

Cette petite délégation est accueillie par plusieurs responsables de Thales – des « guides » omniprésents tout au long d’une visite très encadrée. Ce jour-là, les émissaires de la garde des Sceaux se sentent alors dépossédés de leur projet. Ils comprennent qu’une partie de leurs prérogatives est désormais tombée entre les mains d’une société privée (même si « l’Etat est actionnaire »). Le golem leur échappe. Pourtant, d’autres implantations avaient été envisagées, comme les locaux de la police, sur le site de Nanterre, ou ceux des gendarmes, sur celui de Rosny-sous-Bois. La place Vendôme, siège du ministère, avait également été évoquée. Mais ces points de chute ont tous été écartés pour des raisons de capacités d’accueil.

La centralisation engendre un risque majeur

A la veille de son entrée en vigueur, avec deux ans de retard sur le calendrier initial, le « Big Brother » français pose surtout des problèmes d’une tout autre gravité : risque sur la sécurité des données, appel d’offres biaisé, dépassement de budget, coûts cachés et conflits d’intérêts avec le groupe Thales, lui-même sous le coup de plusieurs enquêtes. Autant de dérives que L’Express est en mesure de révéler.

Sur le papier, le projet était pourtant séduisant. Il permettait, à la fois, de gérer l’explosion des réquisitions et de réduire les coûts. Car l’augmentation continue du nombre d’écou-tes téléphoniques ou des interceptions de SMS ne cesse de grever le budget de la Justice. En cinq ans, les dépenses ont ainsi pratiquement doublé, passant de 55 à 106 millions d’euros en 2011. Et l’inflation n’est pas près de s’arrêter, étant donné l’accroissement de la surveillance des échanges sur l’Internet fixe et mobile.

L’envoléee des coûts Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

Jusqu’à présent, les opérateurs de télécommunications étaient défrayés lors de chaque interception. Ils envoyaient les informations une fois saisies aux officiers de police et de gendarmerie. Six petites sociétés privées épaulaient alors les forces de l’ordre en leur fournissant gratuitement du matériel pour retranscrire les écoutes (lignes sécurisées, ordinateurs, logiciels). La PNIJ, elle, permet de tout regrouper, de réaliser des économies et de faire disparaître près de 1 million de documents administratifs. Adieu la paperasse. « Il a été décidé de renforcer la sécurité autour des réquisitions et des écoutes, explique Richard Dubant, responsable de la Délégation aux interceptions judiciaires (DIJ). Pour cela, seule une grande entreprise comme Thales possède les capacités techniques suffisantes pour gérer des volumes à traiter de plus en plus importants. »

Mais ce tableau idyllique se fracasse aujourd’hui contre le mur de la réalité. D’abord, la centralisation même des informations en un seul lieu engendre un risque majeur. Dès 2011, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, s’en était ému dans une note confidentielle dont L’Express a obtenu copie. Ce proche de Nicolas Sarkozy n’hésitait pas alors à déclarer que cette plate-forme était « une cible potentielle, du fait même de la concentration de données sensibles », avant de préciser : « Cette fragilité a été soulignée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information [Anssi]. » Un autre sujet l’alarmait. Il s’agit de la difficulté pour le ministère de changer d’hébergeur. « Nous pouvons récupérer l’ensemble des éléments à tout moment, se défend Richard Dubant. D’ailleurs, il est prévu de rapatrier un jour la PNIJ au sein de la Justice. »

Cinq entreprises, s’estimant lésées, ont attaqué en justice

Plus inquiétant encore, afin que son bon fonctionnement soit assuré, la plate-forme doit être dotée d’une soeur jumelle, qui prendrait le relais en cas de pannes. Or, selon nos informations, celle-ci est, elle aussi, basée à Elancourt, à 300 mètres seulement de la première. Un éloignement insuffisant en cas d’incendie, d’accident ou d’actes de malveillance. « Les bonnes pratiques en la matière exigent une installation située à une distance entre 20 et 30 kilomètres du premier site », estime Marc Ayadi, consultant associé en sécurité informatique chez Deloitte.

Le système actuel, quoique imparfait et dispersé, ne soulève pas ce type de problèmes. Les centrales d’écoutes sont éparpillées sur tout le territoire. Pour l’heure, six entreprises (Foretec, Elektron, Amecs, Azur Integration, Midi System et SGME) équipent gratuitement quelque 350 centres de police et de gendarmerie par le biais de lignes sécurisées et de plus de 10 000 ordinateurs, selon leurs dires. Difficile pour des malfrats de repérer l’endroit où se trouvent les données les concernant. Ces six sociétés rentabilisent leurs investissements en facturant leurs prestations à des tarifs élevés, même si ceux-ci ont baissé de près de la moitié ces dernières années. « En cas de panne, les transferts peuvent facilement être [basculés] d’un centre sur un autre en un temps très court. La PNIJ devra pouvoir relever ce défi », déclarait, en octobre dernier, la prudente Cour des comptes.

Aujourd’hui, voyant ce marché leur échapper, cinq de ces six entreprises se sont regroupées pour attaquer en justice l’appel d’offres du ministère dont, au passage, elles n’ont jamais été informées. De fait, ce dossier avait été classé « confidentiel défense » afin que soient écartés plusieurs groupes étrangers comme l’israélien Nice Systems ou le danois ETI Connect, attirés par ce juteux marché. Le tribunal administratif de Paris leur a donné raison, estimant que « la garde des Sceaux [avait] commis une erreur manifeste d’appréciation » en les excluant. Pour l’Etat, hors de question cependant de faire machine arrière, car « l’annulation [de ce] contrat porterait une atteinte excessive à l’intérêt général »… Plus de 15 millions d’euros ont en effet déjà été engagés. Le tribunal propose donc aux plaignants de demander des dédommagements à la justice. Si elle aboutissait, leur requête alourdirait une facture déjà bien salée.

La moralisation de la vie politique menacée

Faisons les comptes. A l’origine, le Big Brother devait coûter 17 millions d’euros. A présent, la douloureuse se monte à 43 millions. Au bas mot. Car Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et Numericable ont dû déployer des fibres optiques jusqu’au site d’Elancourt pour répondre à leurs obligations légales d’acheminer les communications. En considérant les frais de mise à jour de leurs systèmes d’information, ils sont en droit de se faire rembourser une quinzaine de millions d’euros supplémentaires. Mais il y a pire. Comme le souligne Francis Nebot, secrétaire national du syndicat Synergie officiers : « Les réseaux Internet de la police nationale n’offrent pas les débits suffisants pour se connecter à ce système dans de bonnes conditions et accéder aux écoutes à distance. Du coup, le ministère de l’Intérieur va devoir investir pour redimensionner nos réseaux. On nous a offert une Ferrari sans avoir les routes pour la faire rouler ! »

Internet, SMS : comment Thales va mettre les réseaux français sur écoute

 Emmanuel Paquette (L’Express) – publié le 07/05/2013 à 10:21

La France va se doter d’un système centralisé d’interception des données téléphoniques et internet. Mais les futures grandes oreilles de l’Etat, gérées par le groupe Thales, posent de graves problèmes. Surcoûts, failles de sécurité, risques de conflit d’intérêts… Révélations.

Selon ce syndicat, l’ardoise pourrait donc s’allonger de 40 à 50 millions d’euros. Et encore, ce montant n’inclut pas les dépenses engagées par les gendarmes et les douanes. « Si cela s’avère nécessaire, il est convenu que le ministère de l’Intérieur prenne à sa charge le réseau de la police », argumente Richard Dubant, manifestement soucieux de rassurer son monde.

La PNIJ doit être mise en service en septembre prochain et rendre obsolètes les trois plates-formes actuellement spécialisées dans l’interception des données. L’une concerne les SMS (le STIJ) : elle a coûté plus de 1 million d’euros. Les deux autres ont trait à l’Internet fixe et mobile. Appelées Cariatide et Primatice, elles vont également cesser leurs activités. Quant aux six entreprises gérant les centrales d’écoutes téléphoniques, elles vont reprendre les 10 000 ordinateurs mis jusqu’ici à la disposition de la police. « Finalement, pour écarter des petites sociétés privées du marché des écoutes, ils ont fait appel à une grosse société… privée. Tout cela est ubuesque », observe avec amusement un ancien gendarme.

En plein débat sur la moralisation de la vie politique voulue par François Hollande, l’éveil prochain de la PNIJ paraît bien problématique. Par exemple, les gouvernants pourraient-ils avoir accès à des enquêtes en cours les concernant, eux ou leurs proches, en se connectant directement à cette plate-forme ? Nul ne le sait. Le risque est important. Et, d’abord, pour Thales lui-même. « Même si, techniquement, cette hypothèse paraît improbable, un comité de contrôle de six « sages » va être constitué pour apporter toutes garanties aux citoyens », confie Richard Dubant. Une manière aussi de répondre à la question que tout le monde se pose : « Qui surveillera les surveillants ? »

 

L’exception culturelle française, ligne Maginot intenable à l’ère d’Internet

Culture – LeMonde.fr

L'exception culturelle française, ligne Maginot intenable à l'ère d'Internet.

La France s’arc-boute sur son « exception culturelle » pour empêcher que les services culturels et audiovisuels ne fassent partie des accords commerciaux bi ou multilatéraux. Pourtant, internet accélère l’abolition des frontières et les œuvres numérisées doivent pouvoir circuler librement pour profiter de la diversité et du métissage culturels qu’offre le monde.

Le sujet est sensible, voire épidermique, et devient une affaire d’Etats. Plus les négociations entre pays ou continents s’intensifient en vue de créer voire de renforcer des espaces de libre-échange transfrontaliers pour le commerce de biens et de services, plus s’élèvent les voix d’opposants pour que les services culturels et audiovisuels continuent à en être exclus au nom de la sacro-sainte exception culturelle.

L’ouverture des négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis ravive les passions, tout comme le projet de libre-échange avec le Canada. La France est en Europe aux avant-postes de ce combat pour défendre sa propre ligne Maginot culturelle. Et les gardiens du financement de la création – films de cinéma, programmes de télévision, voire musiques enregistrées – en appellent aux pouvoirs publics, au risque de verser dans le nationalisme culturel. En quelques jours, et jusqu’au plus haut sommet de l’Etat français, les craintes se sont exprimées sur un soi-disant « danger » de voir la culture et l’audiovisuel faire partie de ces futurs grands espaces commerciaux.

CHERCHER LE SUCCÈS PARTOUT DANS LE MONDE

Il faut dire que, sanctuarisés par la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, signée le 20 octobre 2005 à Paris sous l’égide de l’Organisation des nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), les services culturels et audiovisuels ont jusque-là été écartés de cette libéralisation mondiale. Or la numérisation des œuvres et leur diffusion sur internet – lequel est dépourvu de frontières, faut-il le rappeler – changent aujourd’hui la donne.

Lorsque la convention de l’Unesco est entrée en vigueur, le 18 mars 2007, soit trois mois après l’adhésion de l’Union européenne, la vidéo à la demande, la télévision de rattrapage, les jeux vidéo en ligne, la radio numérique ou la TV connectée n’existaient pas encore, et la musique en ligne n’avait pas encore donné toute sa mesure. L’audiovisuel, entré depuis dans l’ère du tout-numérique après s’être affranchi des monopoles d’Etat de radio-télédiffusion, promet aux œuvres dématérialisées un rayonnement culturel non seulement local mais aussi international.

En France, le financement de la création (films, séries, musiques, jeux vidéo, …) ne devrait plus dépendre pour une bonne part de subventions publiques, d’aides d’Etat, de quotas de diffusion, d’obligations de (co)financement ou de chronologies des médias. D’autant que ces dispositifs relèvent souvent de carcans réglementaires contraignants, instaurés au siècle dernier à l’échelon national, qui pèsent notamment sur les chaînes de télévision ou les fournisseurs d’accès à Internet soumis à contribution. Le (pré)financement des œuvres doit lui aussi s’affranchir des frontières pour trouver de nouveaux investisseurs capables de prendre les risques d’aller chercher le succès auprès d’un plus large public, partout dans le monde.

UNE NOUVELLE BALANCE CULTURELLE EXTÉRIEURE

La diffusion des œuvres par internet va y contribuer, pour représenter à terme l’essentiel du rayonnement culturel des pays ou des continents. Exclure les services culturels et audiovisuels de ces échanges transfrontaliers reviendrait à mettre internet à l’écart de la libre circulation des œuvres. Un comble ! Les américains Apple, Amazon, Google/YouTube, Netflix ou Hulu ne doivent plus être perçus comme des menaces et être prétextes pour brandir l’exception culturelle comme bouclier du patriotisme culturel. Ces plate-formes venus du Nouveau monde sont aussi nos alliées, qui offrent de formidables opportunités de « mondovision » pour les œuvres du Vieux continent. L’accord de libre-échange « US-UE » devra d’ailleurs veiller à l’équilibre de la nouvelle balance culturelle extérieure. Ce serait aussi l’occasion historique pour régler une bonne fois pour toutes les distorsions de concurrence entre les géants du net américains et les groupes de médias européens, les premiers profitant du patchwork fiscal des Vingt-sept et les seconds étant pénalisés par des obligations réglementaires d’un autre temps.

Et si le Vieux continent se donnait les moyens de créer un véritable marché unique du numérique et de la culture, à commencer par la réforme en cours de la gestion des droits de propriété intellectuelle, des champions du net européens tels que Spotify, Dailymotion ou demain Videofutur pourraient mieux s’appuyer sur leur marché domestique pour conquérir plus rapidement les Etats-Unis et le reste du monde. L’Union européenne a bien tenté une ouverture au sein des Vingt-sept en remplaçant en 2007 la directive « Télévision sans frontières » par celle des services de médias audiovisuels à la demande. Mais il lui faut maintenant aller plus loin dans la libre circulation des œuvres.

Il serait donc malvenu de laisser l’Union européenne s’ouvrir un peu plus au monde, à travers des accords bilatéraux ou multilatéraux (Etats-Unis, Canada, Japon, Inde, Corée du Sud, …), sans qu’elle puisse aussi le faire avec les services audiovisuels et culturels. Le rayonnement de l’Europe ne saurait se réduire à la seule marchandisation.

Charles de Laubier (journaliste, rédacteur en chef de Edition Multimédi@)

La Slovénie inscrit la neutralité du net dans sa loi

Le Chili, les Pays-Bas et maintenant la Slovénie. Ils sont désormais trois pays à avoir inscrit la neutralité des réseaux de télécommunications dans leur législation respective, signifiant leur refus de la moindre discrimination des flux en raison de leur origine, leur destination ou leur contenu.

C’est fait. La Slovénie vient d’entrer dans le club très fermé des pays qui ont inscrit la neutralité du net dans la loi. Après le Chili en juillet 2010 et les Pays-Bas en mai 2012, c’est au tour de ce petit État situé en Europe centrale de refuser tout discrimination sur les réseaux de télécommunications, notamment pour des motifs commerciaux, quel que soit l’origine, la destination ou le contenu.

Quelques entorses au principe de neutralité sont néanmoins prises en compte par le texte, pour des raisons de sécurité. Ainsi, les fournisseurs d’accès à Internet peuvent l’enfreindre dans des cas très spécifiques : spam, congestion des réseaux, attaque informatique. Pour les cas sortant du cadre des pratiques raisonnables de gestion du réseau, aucune discrimination des flux ne sera tolérée.

Selon Netzpolitik.org, signalé sur Twitter par Niko GL, la loi slovène sur la neutralité du net prévoit que les opérateurs doivent transmettre le trafic Internet à un rythme soutenu, peu importe le contenu. « En d’autres termes, une distinction qualitative du trafic Internet – même positive – est interdite si elle est utilisée pour discriminer les services Internet pour des raisons purement commerciales », indique le site.

La situation en France et en Europe

À l’échelle européenne, les derniers signaux envoyés par la commissaire Neelie Kroes sont très inquiétants. Celle qui a la charge de la politique numérique du Vieux Continent a signé récemment une tribune dans laquelle elle a affirmé qu’elle ne voyait aucun inconvénient à ce que les opérateurs proposent des offres différenciées d’accès à Internet.

« L’intérêt public ne s’oppose cependant pas à ce que les consommateurs s’abonnent à des offres internet limitées, plus différenciées ». Avec cette logique, les fournisseurs d’accès à Internet pourront vendre un accès à un internet bridé, et proposer des options payantes pour débloquer l’accès à certaines applications, signant ainsi l’acte de décès de la neutralité du net.

En France, le dossier fait du sur-place. Le gouvernement a pour l’instant botté en touche en sollicitant le Conseil national du numérique pour avis sur les contours d’une éventuelle future législation sur le sujet. Le sujet, présent depuis deux ans maintenant dans le débat politique, a déjà donné lieu à des rapports, des réunions, des colloques et des propositions de loi, sans aucun résultat législatif concret.

via La Slovénie inscrit la neutralité du net dans sa loi.

Peur sur le Web » OWNI

Peur sur le Web

Le “non” au traité européen qui devait tous nous sauver ? C’est la faute à Internet. La crise du disque dont l’industrie a refusé toute évolution ? C’est de la faute à Internet. La crise de la presse du Figaro ? C’est de la faute à Google. La crise économique ? C’est de la faute à Amazoggapple qui défiscalise (alors que, c’est bien connu, jamais une entreprise bien française comme Total n’aurait fait un truc pareil). Internet est d’origine américaine, donc il n’existe que pour nous dominer et nous détruire. Dont acte.
Allons plus loin : après tout personne n’est responsable d’Internet.

Et, donc, il ne peut pas se défendre. On peut tout lui mettre sur le dos.

Le terrorisme ? C’est de la faute à Internet.

La pédophilie ? C’est de la faute à Internet.

La violence ? C’est de la faute à Internet (et aux jeux vidéo).

La disparition des artistes ? C’est de la faute aux pirates de l’Internet.

La crise de la presse ? N’allez pas croire que les unes racoleuses de l’Express en soient la cause, ou que nos journalistes ne sachent plus quel marronnier sortir du feu, non : c’est de la faute à Internet bien sûr.

Le règne de la rumeur ? C’est Internet qui a inventé la rumeur, c’est bien connu.

La fin de la vie privée ? N’allez pas penser au traçage de vos déplacements via votre carte Navigo, au nombre écrasant de caméras de vidéosurveillance, aux puces RFID dans vos achats, au passeport biométrique et à tous ces petits détails. Non : la fin de la vie privée, c’est de la faute à Internet et puis c’est tout.

La faim dans le monde ? C’est de la faute au 4e opérateur de téléphonie mobile (ah non pardon je pique le texte de notre ministre du redressement productif à nous qu’on a).

Une pétition contre la censure d’Internet

J’invite tous ceux qui liront ces lignes à signer cette pétition. Cela n’engagera à rien sur le terme, mais les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, il faut exprimer sa voix quant à l’exercice généralisé de la censure.

Un petit extrait du speech d’Avaaz à ce propos :

Internet est, depuis sa création, un incroyable outil d’expression et de contre-pouvoir citoyen: il nous permet de discuter, d’échanger nos idées et d’exercer une pression sur les dirigeants politiques avec une ampleur inédite. Cela s’explique simplement: Internet est régi par ses utilisateurs et des associations à but non lucratif, pas par des gouvernements. Mais aujourd’hui, des pays comme la Russie, la Chine et les Émirats Arabes Unis tentent de réécrire un important traité, le RTI (Règlement des télécommunications internationales). Le web serait alors soumis aux gouvernements et non plus à nous, ses utilisateurs. Tim Berners Lee, l’un des « pères » d’Internet, a souligné que ce traité pourrait intensifier la censure et mettre fin à notre vie privée. Notre mobilisation par cette pétition vient renforcer qui se battent contre ce hold-up.

Le lien vers la pétition Avaaz
Un très bon article très court résumant la situation
Une présentation un peu plus verbeuse et généraliste de la situation
Un précédent article dans lequel je mentionnais cette conférence

Censure d’Internet ou tentative honnête de régulation ?

L’avenir d’Internet se négocie à Dubaï

Voir aussi :

http://wcitleaks.org/

Toutes ces propositions – on en dénombre plus de 1300! – ont contribué à entourer le sommet de Dubaï d’un climat de défiance. Google et la fondation Mozilla, qui développe le logiciel Firefox, ont appelé les internautes à se mobiliser contre un nouveau traité qui risqueraient de porter atteinte à la liberté d’expression sur le Web. Une vidéo, préparée par des défenseurs des libertés, a dénoncé ce sommet «organisé à huis clos». «Il faut minimiser les risques d’un traité qui en dit plus qu’il en faut», expliquait au Figaro Frédéric Donck, responsable en Europe de l’association Internet Society.

La Syrie ne ping plus | Reflets

La Syrie ne ping plus

Le réseau ultra centralisé syrien pourrait avoir été victime d’une destruction d’équipements suite à des combats proches de la zone de l’aéroport, zone dans laquelle ces équipements de la STE seraient justement localisés. Ces installations abritaient autant les terminaisons des lignes ADSL que les équipements  assurant la téléphonie filaire, une architecture « à l’iranienne » comme le souligne dans un tweet le professeur Kavé Salamatian

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