Tag Archive | nucléaire

Areva, le Mox et le plutonium : le « business model » d’une catastrophe nucléaire ?

Rezo.net

Areva, le Mox et le plutonium : le « business model » d'une catastrophe nucléaire ?.

Du plutonium est en partance pour le Japon. Alors que, deux ans après Fukushima, populations et autorités locales se débattent toujours face aux contaminations radioactives, un convoi nucléaire, affrété par Areva, doit appareiller mi-avril de Cherbourg vers l’archipel japonais. Pourquoi l’entreprise continue-t-elle à exporter du combustible nucléaire vers un pays traumatisé ? Quels sont les enjeux commerciaux et industriels qui se cachent derrière le Mox ? Et les menaces potentielles que fait planer ce business nucléaire ? Enquête.

Lire la suite

Trucage des mesures de radioactivité au Japon

Radiations | Japotexte.

Image

Succession d’anomalies thyroïdiennes chez les enfants: les vraies causes?!

Révélations exclusives: FUKUSHIMA, LES MESURES DE RADIATION OFFICIELLES ETAIENT DIVISEES PAR DEUX.

 

Sur 38114 examens de la thyroïde dans la préfecture de Fukushima en 2011, 3 cancers déclarés, 7 cancers possibles.

Au comité d’Inspection de la Santé des Habitants de la Préfecture de Fukushima, formé le 13 février dans la ville de Fukushima, un rapport fit l’effet d’une bombe. Les anomalies ont été décelées sur des personnes de 15 ans de moyenne d’âge, habitant tous dans la même zone. Un cas de cancer de la thyroïde sur un million d’enfants est déjà considéré comme un taux élevé.

De plus, on ne connaît pas encore toute l’étendue des dégats. Yoshida Kunihiro, président de l’association à but non-lucratif Anshin-Anzen Project (Projet Confiance et Sécurité, ndt), qui s’occupe de collecter des informations sur les dégâts provoqués par l’accident de la centrale Daiichi, participe le 2 février à une inspection thyroïdienne à Fukushima-ville. Il pointe du doigt ces anomalies infantiles.

« Sur 80 personnes examinées, un adulte est en observation pour un possible cancer de la thyroïde, et des kystes ont été décelés chez 60% des autres personnes, enfants et adultes. Plus particulièrement chez les enfants qui font du sport dehors, et des garçons qui pratiquent le base-ball quotidiennement en avaient même plusieurs. Le médecin qui examinaient affirme lui-même:  »jamais on ne constaterait autant de kystes en temps normal », craignant un lien de cause à effet avec l’accident nucléaire ».

Le pays a toujours soutenu qu’à l’écart de la centrale, les taux de radiation de la région sont bas et leur influence sur le corps humain est faible. Ce qui lui permet de maintenir cette affirmation, c’est, entre autre, la présence des  »monitoring posts » (ci-dessous:  »poste »), appareils de mesure de radiation à écran installés par le ministère de la recherche juste après l’accident dans chaque zone de la région. Les chiffres annoncés sur ces postes sont une sorte de certificat de vérité pour le pays.

Pourtant, ces mesures se révèlent mensongères. Le Colloque sur le Problème de l’Irridiation Interne des Citadins et Scientifiques, un groupe de chercheurs et de médecins, a effectué ses propres mesures à proximité de 117 postes sur les 570 placés dans la préfecture de Fukushima, et a ainsi indiqué une faiblesse anormale des données numériques officielles. Un membre du colloque, monsieur Yagasaki Katsuma, professeur émérite à l’Université des Ryukyu, explique:

« Entre août et octobre de l’année dernière, quand on tendait un de ces compteurs portables de haute précision utilisés par l’administration, entre autres, vers un poste, les mesures affichées par le compteur étaient très hautes, près du double de celles affichées publiquement. Une différence de 51% quand les alentours avaient été décontaminées, et de 56% quand elles ne l’avaient pas été. Avec une telle différence, impossible de prétendre qu’on était dans le domaine de la simple erreur. »

Quand on le lui a fait remarquer, le ministère s’est impatienté et a reconnu sans peine que les mesures étaient trop basses. Prétextant un problème de lieu où avaient été placés les postes, il a immédiatement entrepris des travaux de réglage sur 675 postes dans les préfectures de Fukushima et celles avoisinantes. Ces travaux se sont terminés fin janvier, ils ont coûté environ 150 millions de yens (un million 250 000 euros ndt). Les nouvelles valeurs données par les postes, selon le ministère, sont maintenant plus ou moins 10% au-dessus des valeurs réelles.

Irradiation interne de 10 mSv/an.

Les postes ainsi rénovés par le ministère de la recherche affichent-ils vraiment des valeurs corrigées fidèles à la réalité et non plus deux fois plus basses que celle-ci? Les 17 et 18 février, nous nous sommes rendus à Fukushima-ville et avons effectués nos propres mesures à l’aide d’un compteur ultra-précis semblable à celui de monsieur Yagasaki. Pour plus de précisions, nous avons confirmé chaque mesure deux fois pour chaque poste. Nous publions les résultats sous forme de tableau à gauche de cette page (ci-dessous sur ce blog, ndt).

tableau hauttableau milieutableau baslistes des postes / mesures publiques / mesures du journal.      Remarque 1: les mesures sont données en uSv/h. Remarque 2: la valeur en gras est la plus haute mesurée par le journal.

D’abord, nous nous sommes rendus dans l’est de la ville, sur le parking au début de la randonnée Hanamiyama, quartier de Watari. Le poste qui s’y trouve affichait 0,693 uSv/h, mais quand on approche le compteur, les chiffres augmentent rapidement pour atteindre un maximum de 1,234 uSv/h. 56% de différence. Nous avons donc mesuré près du double des mesures officielles. Ce chiffre de 0,693 uSv/h,  donné par le gouvernement, dépasse déjà largement le seuil de dangerosité de 0,23 uSv/h mis en place par ce même gouvernement. Si en plus on multiplie cette pollution par deux, impossible qu’il n’y ait aucune influence sur le corps humain. On calcule ainsi environ 10 mSv/an, 10 fois plus que la dose limite supportable pour un être humain normalement constitué.

compteurLes mesures données en uGy/h (gray) peuvent être considérées comme équivalentes à celles de notre compteur , uSv/h (sievert).

Peu après, nous nous sommes dirigés vers le sud de la ville, à Tatsukoyama, un quartier ou les maternelles, écoles primaires et collège sont nombreux. Le poste placé devant la maternelle de Tatsuko indiquait 0,199 uSv/h. A proximité immédiate, nous avons mesuré 0, 388 uSv/h.

Prise de dispositions ou mise en place d’un alibi.

A un mètre au-dessus de la route que traverse les enfants à la sortie de l’école, notre compteur indique 0,5 uSv/h. Tout proche, de nombreux et énormes sacs de branchages et de végétation coupée pour la décontamination ont été laissés sur place. Le compteur augmente jusqu’à 2,802 uSv/h. Même en supposant que les valeurs du poste soient justes, les enfants sont bel et bien exposés à de fortes radiations. La mère d’un enfant de 8 ans, habitante de Fukushima-ville, raconte, le visage inquiet:

« J’ai acheté mon propre compteur et je mesure les radiations réelles. Je n’ai donc aucune confiance dans les chiffres des postes. Mon enfant est cardiaque et je me fais du soucis. S’il arrive quelque chose à sa thyroïde, on ne pourra pas utiliser de médicament trop puissant. Je ne sais plus quoi faire, je suis perdue. »

Les radiations que nous avons constatées par nous-mêmes sur 23 emplacements étaient pour la plupart le double de celles indiquées par les postes, avec une différence de 56% en moyenne. Il est très difficile de dire que les rectifications étatiques évoquées par M. Yagasaki aient été faites correctement. Pourtant la cellule de crise du ministère de la recherche se justifie ainsi: « nous avons replacé les postes à des endroits optimaux. Ils ont subi des révisions et leur batteries ont été changées. Nous les avons réglés pour qu’ils affichent des valeurs 10% au-dessus de la réalité. C’est pourquoi nous ne réfléchissons à aucune disposition supplémentaire pour le moment ». Le professeur Yagasaki s’indigne de voir ainsi le ministère traiter les choses avec une telle désinvolture:

« La plaque de métal qui se trouve entre le sol et le poste ne pose-t-elle pas un problème de confinement fondamental? Le fait d’engager de coûteux travaux et ne rien voir changer n’est qu’un alibi pour pouvoir dire que des mesures ont été prises. »

Tant que le gouvernement ne fera pas la lumière sur les radiations, les dégâts s’étendront. Le danger continuera de plomber la vie des enfants de Fukushima.

Kirishima Shun, Friday du 8 mars 2013, Kodansha.

N. Korea approves nuclear strike on US

euronews – N. Korea approves nuclear strike on US

Une version française de la news est disponible en fin d’article

The North Korean army said Thursday it had final approval to launch “merciless” military strikes on the United States, involving the possible use of “cutting-edge” nuclear weapons.

In a statement published by the official KCNA news agency, the General Staff of the Korean People’s Army (KPA) said it was formally informing Washington that reckless US threats would be “smashed by… cutting-edge smaller, lighter and diversified nuclear strike means”.

“The merciless operation of (our) revolutionary armed forces in this regard has been finally examined and ratified,” the statement said.

“The US had better ponder over the prevailing grave situation,” it added.
North Korea had threatened a “pre-emptive” nuclear strike against the United States a month ago, and last week the supreme army command ordered its strategic rocket units to combat status for strikes on the US mainland and US bases in Guam and Hawaii.

“The moment of explosion is approaching fast,” Thursday’s statement said, adding that a war could break out on the Korean peninsula “today or tomorrow”.

“In view of this situation, the KPA General Staff in charge of all operations will take powerful practical military counteractions in succession,” it said.

Despite a successful long-range rocket launch in December, most experts believe North Korea is years from developing a genuine inter-continental ballistic missile that could strike the mainland United States.

Hawaii and Guam would also be outside the range of its medium-range missiles, which would be capable, however, of striking US bases in South Korea and Japan.

The army statement said responsibility for the current crisis “entirely rests” with the United States, citing the participation of nuclear-capable US B-52s and B-2 stealth bombers in ongoing joint military drills with South Korea.

“Never has the whole Korean peninsula been exposed to such danger of a nuclear war as today,” it added.

AFP

Edit : version française de la news
La Corée du Nord autorise une frappe nucléaire contre les Etats-Unis

Kim Jong-un, premier président du Comité de la défense nationale de Corée du Nord. – AFP

L’armée nord-coréenne a annoncé jeudi qu’elle avait reçu l’approbation finale pour déclencher des opérations militaires contre les Etats-Unis, y compris d’éventuelle frappes nucléaires.

Dans un communiqué cité par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, l’état-major général de l’armée déclare informer officiellement Washington que les menaces américaines seront « écrasées » par des « moyens de frappe nucléaire ». « L’opération impitoyable » des forces nord-coréennes « a été définitivement examinée et ratifiée », affirme le communiqué.

« Le moment de l’explosion s’approche vite », ajoute le communiqué, qui assure qu’une guerre pourrait survenir dans la péninsule coréenne dès « aujourd’hui » ou « demain ». « Compte tenu de cette situation, l’état-major général de l’armée nord-coréenne chargé de toutes les opérations prendra de puissantes contre-mesures militaires pratiques », poursuit le document.

L’armée estime que la responsabilité de la crise actuelle « incombe entièrement » aux Etats-Unis, évoquant la participation de B-52 capables de transporter des bombes nucléaires et de bombardiers furtifs B-2 aux manoeuvres militaires communes avec la Corée du Sud qui se déroulent actuellement. « Jamais comme aujourd’hui l’ensemble de la péninsule coréenne n’avait été exposée à un tel danger de guerre nucléaire », met en garde le communiqué.

Mercredi, Pyongyang avait empêché l’accès aux ouvriers sud-coréens du parc industriel implanté au Nord, Kaesong . Cette « bulle de capitalisme » est un élément important de la survie du régime. Ces employés ont été refoulés, tout comme les camions de marchandises alimentant les ateliers, par le régime nord-coréen, qui menace désormais de saborder l’énigmatique zone industrielle, qui fut pendant longtemps le symbole intouchable d’un espoir de rapprochement entre les deux Corées. Pour les experts, cette fermeture, si elle se confirmait dans les prochains jours, marquerait une sérieuse dégradation de la situation dans la péninsule.

Les Etats-Unis se préparent à agir

Les Etats-unis ont réagi mercredi en annonçant le déploiement « dans les prochaines semaines » d’une batterie antimissile THAAD sur l’île de Guam, où ils disposent d’une importante base militaire, face aux menaces nord-coréennes.

Le système THAAD, capable d’intercepter un missile à haute altitude, s’ajoute aux déploiements de deux destroyers Aegis antimissile dans le Pacifique occidental pour faire face à un éventuel lancement de missile balistique par Pyongyang.

Comme le Patriot, le système THAAD est terrestre et monté sur camion. Outre les intercepteurs, le système comprend un radar à bande X capable de déterminer l’origine et la trajectoire d’un missile balistique.

Près de 6.000 militaires américains sont basés à Guam, territoire américain de l’archipel des Mariannes, ainsi que des sous-marins et bombardiers B-52 qui ont conduit ces dernières semaines des vols au-dessus de la Corée du Sud. « Les Etats-Unis restent vigilants face aux provocations nord-coréennes et se tiennent prêts à défendre le territoire américain, nos alliés et nos intérêts nationaux », affirme le Pentagone dans un communiqué.

Pyongyang a multiplié les provocations ces dernières semaines et menacé d’éventuelles frappes contre les Etats-Unis, et les îles de Guam et de Hawaii dans le Pacifique.

Le test nucléaire en Corée du Nord se confirme

LE FIGARO

Le test nucléaire en Corée du Nord se confirme.

Mis à jour le 12/02/2013 à 05:35 | publié le 12/02/2013 à 05:07
Un essai nucléaire a été pratiqué en Corée du Nord, a indiqué un diplomate du Conseil de sécurité des Nations unies. «Nous avons été informés par les Sud-Coréens qu’il y a eu un essai nucléaire (nord-coréen)», a dit ce diplomate s’exprimant sous le sceau de l’anonymat.
De son côté, le gouvernement japonais a indiqué mardi qu’il était possible que la Corée du Nord ait procédé à un essai nucléaire.
« Nous pensons qu’il existe une possibilité que la Corée du Nord ait effectué un test nucléaire », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’une conférence de presse convoquée en urgence à 12H35 locales (03H35 GMT).
Une secousse a été détectée à 11H57 locales (02H57 GMT), avec une magnitude 5,2 au nord-est de la Corée du Nord par l’agence japonaise de météorologie. Plusieurs autres agences de surveillance dans la région ont de même rapporté qu’un séisme « artificiel » s’était produit dans le nord-est du pays.
« Le gouvernement va tenir une réunion de sécurité à 12H45 (03H45 GMT) pour discuter des mesures à prendre », a précisé M. Suga.
« Le Premier ministre a ordonné aux ministre concernés de recueillir des informations et de les analyser, tout en coopérant avec les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Chine et la Russie », a-t-il encore ajouté.
La chaîne de télévision publique NHK a de ce fait prolongé sa session d’information de la mi-journée pour relayer cette information, avec des spécialistes de la Corée du Nord confirmant qu’il y a de fortes probabilités qu’il s’agisse d’un troisième essai nucléaire conduit par le régime de Pyongyang, conformément à une annonce faite en janvier.

Voir aussi :

Comment Areva laisse mourir ses travailleurs au Niger – Nucléaire – Basta !

Comment Areva laisse mourir ses travailleurs au Niger

Par Emmanuel Haddad (14 janvier 2013)

Les Français s’éclairent et se chauffent grâce à leur travail : ces centaines de mineurs nigériens qui ont passé 20 ou 30 années de leur vie à extraire de l’uranium pour Areva. De l’uranium qui, importé en France, alimente ensuite nos 58 réacteurs nucléaires. Souvent victimes des effets des radiations, ils souffrent et meurent aujourd’hui dans l’indifférence. Pas question de reconnaître leurs maladies professionnelles. Combien de temps le leader français du nucléaire continuera-t-il à les mépriser ? Reportage.

L’extraction minière d’uranium au Niger serait-elle l’une des activité les plus sûres au monde ? Areva y exploite deux mines depuis le début des années 1970 [1], et emploie aujourd’hui 2 600 personnes. Or, en un demi-siècle, seuls sept dossiers de maladies professionnelles d’employés travaillant dans les mines d’uranium d’Arlit et Akokan, dans le Nord-Niger [2], ont été validés par la sécurité sociale nigérienne. Et sur les sept travailleurs victimes de pathologies professionnelles, cinq sont des expatriés français, indique Ousmane Zakary, du Centre de sécurité sociale de Niamey. Seuls deux mineurs nigériens sont concernés, alors que le personnel nigérien constitue 98% des employés d’Areva sur place. Une performance sanitaire !

L’extraction d’uranium ne serait-elle pas plus dangereuses pour la santé des travailleurs que la culture d’oignon ou de mil ? Les Français, dont une large part de l’électricité est produite grâce au minerai nigérien – qui alimente un tiers des 58 réacteurs nucléaires – doivent-ils se réjouir de l’attention portée par Areva à la santé de ses salariés ?« Les mineurs d’uranium sont exposés à des radiations ionisantes tant par irradiation externe qu’interne. Ils sont exposés dans les carrières d’uranium, les mines souterraines, les usines d’extraction de l’uranium, mais aussi à leur domicile et en ville », décrit pourtant Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission d’information et de recherche indépendantes sur la radioactivité (Criirad). L’organisme a réalisé de nombreuses analyses sur la présence de gaz radioactifs dans l’air, l’eau et l’alimentation à Arlit. Dans cette zone, 35 millions de tonnes de déchets radioactifs sont empilés à l’air libre depuis le début de l’exploitation. Au gré du vent, du gaz radon et ses dérivés s’en échappent. Des substances « classées cancérigènes pour l’homme par l’IARC [Centre international de recherche sur le cancer] dès 1988 », précise l’ingénieur en physique nucléaire.

Pas de suivi médical pour les anciens mineurs

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de maladies professionnelles déclarées ? Soit Areva est effectivement exemplaire, soit ces maladies professionnelles sont dissimulées, écartées des études et des statistiques. Au Centre de sécurité sociale de Niamey, la capitale nigérienne, Ousmane Zakary esquisse une réponse. C’est le médecin des filiales d’Areva en charge de l’extracion (la Somaïr et la Cominak) qui doit alerter la sécurité sociale de l’existence d’une maladie professionnelle au sein de son personnel. Puis un médecin du travail mène une contre-expertise. Or « de nombreux ouvriers se plaignent que le médecin de la Cominak leur pose des problèmes pour déclarer leur maladie professionnelle. On essaye de leur cacher leur situation de santé », témoigne Ousmane.

Pire : seuls les mineurs en activité peuvent recevoir une prise en charge sanitaire de l’État nigérien. « Il n’y a pas de suivi médical pour les anciens mineurs. Pourtant les maladies liées à la radiation se déclarent souvent des années plus tard, décrit Ousmane. « Il y a quatre ans, le directeur adjoint d’Areva au Niger et son DRH sont venus pour en savoir plus sur la situation des anciens mineurs ». Cette visite n’a rien changé : les anciens travailleurs des mines d’uranium du Niger ne sont toujours pas couverts par leur ancienne entreprise ou par l’État.

« Ils sont tous morts ! »

Pourtant, les témoignages de malades ou de familles d’anciens mineurs décédés affluent.« Mon mari faisait partie des premiers agents de la Somaïr. Tous ses collègues sont morts, de cancers, de problèmes de reins, de foie… Parmi ceux qui sont restés, beaucoup sont malades ou paralysés. Mais on ne peut pas dire que c’est lié directement à l’irradiation, il aurait fallu faire des études ! », se désole Hamsatou Adamou, sage-femme, responsable de la maternité du centre médical d’Arlit, puis de la Cominak.

Elle participe chaque semaine à la réunion de l’Association des anciens travailleurs du secteur minier et leur famille (ATMSF), créée en 2009 par Boureima Hamidou. Cet ancien échantillonneur de la Cominak, victime de ce qu’il considère comme un licenciement abusif, cinq ans avant sa retraite, a décidé de se mobiliser pour les mineurs. Dans le local exiguë de l’association, des sexagénaires patientent, tous atteints de paralysie, souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles pulmonaires. Des survivants. La plupart des mineurs d’Arlit et Akokan qui ont travaillé entre les années 1970 et 1990 pour le compte d’Areva ne sont plus là pour témoigner. « Ceux qui ont pris leur retraite début 1990 n’ont pas tenu deux ans. Ils sont tous morts ! C’était comme une épidémie ! », décrit Cissé Amadou, qui a travaillé vingt ans comme cadre pour la Somaïr à Arlit.

De l’uranium à pleines mains

Ancien ouvrier de la Cominak, Mamane Sani fait partie de ces chanceux qui ont survécu. Mais à quel prix… C’est l’heure de la prière. Le frêle homme vêtu de son boubou ne parvient pas à laver son pied gauche, selon le rituel musulman des ablutions. Depuis 1992, il est paralysé du côté gauche. Une maladie qui s’est déclarée « trop tard » pour être reconnue. La Cominak n’a pris en charge aucun frais de santé, malgré 25 ans passés à travailler pour la société minière. Dans son travail, Mamane était au contact direct avec le « yellowcake », un concentré d’uranium qui, une fois enrichi, permet de produire de l’énergie nucléaire.

Plusieurs anciens mineurs pointent l’absence de protection : « Je maniais directement l’uranium. Au début, les gants, on ne savait même pas ce que c’était. Il n’y avait pas non plus de masques. Tout ça est venu après », raconte Islam Mounkaïla, président de l’ATMSF, et opérateur de fabrication dans l’usine de transformation de la Cominak pendant 20 ans. Des témoignages assez éloignés des déclarations d’Areva, premier employeur privé du pays, qui affirme avoir « intégré la sécurité comme une composante de son métier et [mettre] en place une politique de prévention depuis le début de son implantation au Niger. »

Areva condamnée pour « faute inexcusable »

Areva a bien créé un comité de santé et sécurité au travail… En 1999, 45 ans après l’ouverture de sa première mine. Le port de gants et de masques de protection est aujourd’hui obligatoire pour tous les travailleurs miniers, souligne Boureima Hamidou, qui dénonce cependant le manque de formation chez les employés. Un progrès bien tardif. « Pour une maladie professionnelle reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et des usines d’uranium dans ce pays ? » s’interroge Philippe Billard, de l’association Santé sous-traitance du nucléaire-chimie. L’ancien « nomade du nucléaire » réagissait à la mise en accusation d’Areva, devant le tribunal des Affaires sociales de Melun, concernant le décès de Serge Venel, cadre de la Cominak de 1978 à 1985, mort d’un cancer. Areva a été jugée coupable de « faute inexcusable » par la justice française. L’entreprise s’est empressée de faire appel.

Vers une action juridique d’envergure ?

Islam Mounkaïla, le président de l’ATSMF, se souvient bien de Serge Venel : « C’était mon chef opérateur. Nous étions beaucoup plus exposés que lui : en tant que mécanicien, il n’intervenait qu’en cas de panne ou d’incident, tandis que nous étions en permanence en contact avec le minerai », explique-t-il, entre deux crises de toux. Si les anciens mineurs nigériens ont souffert des mêmes pathologies que celle qui a emporté Serge Venel, une action juridique d’envergure serait envisageable pour obtenir réparation. « S’ils dédommagent la veuve de Serge Venel, nous sommes des milliers de personnes au Niger à partager son sort, en pire », avertit Boureima, qui attend avec impatience le résultat du procès en appel, qui aura lieu le 4 Juillet 2013 à la Cour d’appel de Paris.

Ce procès servira-t-il la cause des travailleurs nigériens ? « La jurisprudence du Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Melun pourrait parfaitement être transposée (…). Dans ce cas, la juridiction compétente serait le Conseil de Prud’hommes, en considérant, comme l’a fait le tribunal de Melun, que la société Areva était leur co-employeur. Cette demande pourrait être présentée par les travailleurs eux-mêmes ou par leur famille en cas de décès », explique l’avocat Jean-Paul Teissonnière, spécialisé sur ces questions.

Toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium

Une véritable bombe à retardement qu’Areva s’est empressé de désamorcer en créant en décembre 2010 l’Observatoire de Santé de la région d’Agadez (OSRA), en réponse aux revendications croissantes de la société civile d’Arlit, de Médecins du Monde et de l’association Sherpa. Ces ONG dénoncent depuis 2003 les atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs des mines d’Areva au Gabon et au Niger. L’objectif : offrir « un suivi post-professionnel des anciens collaborateurs exposés à l’uranium », décrit Areva sur son site internet. Avec une consultation médicale – examen clinique, radiographie pulmonaire pour ceux exposés au minerai, analyse sanguine – tous les 2 ans. L’OSRA doit également assurer un suivi sanitaire des populations de la zone minière, avec une analyse des données indépendantes et scientifiques (registres médicaux des maladies constatées, rapports des hôpitaux, études de cas…) disponibles. Et doit conduire « une étude sur la mortalité des mineurs de 1968 à 2005 afin d’assurer une totale transparence sur l’impact sanitaire de l’activité minière actuelle et passée ».

Transparence, donc. Mais après un an de consultations médicales, toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium ! « Nous avons relevé quatre dossiers problématiques, dont deux révélant des anomalies. Après analyse, le comité médical de l’OSRA a indiqué qu’il n’y avait pas de lien avec l’exposition à l’uranium, mais nous avons souhaité les prendre en charge tout de même. Et là, on entre dans l’action de santé publique, car on leur un offre un suivi médical, même s’il s’avère qu’ils n’ont pas de maladie professionnelle », se félicite Alain Acker, directeur médical d’Areva.

Le sable, plus dangereux que l’uranium…

Dans un rapport [3], Greenpeace met pourtant en évidence une pollution radioactive dans l’air, dans l’eau et dans les nappes phréatiques, et un manque de sensibilisation de la population à Arlit, où « le taux de mortalité des maladies respiratoires (16%) est deux fois plus élevé que la moyenne nationale (8,5%) ». Areva réagit en publiant son propre rapport, Areva et le Niger, un partenariat durable. On y apprend que « la communication de Greenpeace repose essentiellement sur les peurs du public et la désinformation », tandis que les affections allergiques sont dues « aux actions agressives du sable pour les yeux et les poumons et non à l’activité minière comme le laisse supposer Greenpeace » !

Quand le journaliste Dominique Hennequin revient du Niger et du Gabon avec un reportage à charge, Uranium, l’héritage empoisonné, diffusé sur la chaîne Public Sénat, il est rappelé à l’ordre par le porte-parole d’Areva pour avoir osé affirmer que l’accueil organisé par la société minière lui rappelait la Corée du Nord… Mais comment parler de transparence, quand l’OSRA est financé à 100 % par Areva ? « Moins d’un tiers des anciens travailleurs des mines a été recensé : 472 à Arlit et 39 à Agadez. Sur ce tiers, seule une centaine a reçu une visite médicale, décrit Cissé Amadou, l’ancien cadre de la Somaïr.

Opération de communication

« Le pire, c’est que les visites ont été supervisées par le docteur Barazé, médecin de la Cominak pendant des années. Comment un docteur qui n’a jamais relevé de pathologie liée à l’irradiation chez des ouvriers, qui ont tous trépassé deux ans après leur départ de la mine, pourrait revenir sur son diagnostic aujourd’hui ? », poursuit Cissé Amadou. Après trois ans de partenariat avec l’OSRA, l’association Sherpa a annoncé le 18 décembre 2012 son retrait. Pour l’ONG, la nouvelle direction d’Areva a « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. ». L’avenir de ce « dialogue exemplaire et sans précédent entre des Autorités nationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et un partenaire industriel responsable », selon les mots d’Alain Acker, directeur médical d’Areva, semble bien compromis.

Pour Bruno Chareyron, de la Criirad, le suivi post-professionnel de l’Observatoire de santé est de toute manière biaisé, Areva ne prenant en compte qu’une « liste périmée et incomplète » de maladies professionnelles induites par la radioactivité, estime l’ingénieur. « Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales ou d’affections neurologiques, et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. » Autant de mots posés sur les maux d’Islam, qui souffre de « lourdeur dans la joue, la main et le genou droit », de Mamane, à moitié paralysé, d’Aboubacar Ilitimine, foreur à la Somaïr depuis 1976, qui souffre d’insuffisance rénale… Comme de nombreux anciens travailleurs miniers nigériens.

Ces anciens travailleurs pourraient aussi faire jouer leur « préjudice d’anxiété », pour obtenir des dommages et intérêts, comme ceux reconnus [4] pour les salariés non malades exposés à l’inhalation de poussières d’amiante. « Dans l’hypothèse où le lien de causalité serait trop difficile à établir, nous pourrions envisager devant le Conseil de Prud’hommes des demandes au titre du préjudice d’anxiété lié à une exposition fautive à la radioactivité, dans des conditions de danger que l’employeur, en l’occurrence Areva, ne pouvait ignorer », expose Jean-Paul Teissonnière. L’avocat, spécialisé sur les questions sanitaires vient d’obtenir entre 5.000 et 30.000 euros de dommages et intérêts pour les salariés de la société Eternit non malades exposés à l’amiante. Qu’elle soit juridique ou politique, la solution qui permettra aux anciens travailleurs miniers nigériens d’obtenir une prise en charge médicale doit être trouvée au plus vite.

Emmanuel Haddad

Abe envisage de construire de nouveaux réacteurs nucléaires

Japon: Abe envisage de construire de nouveaux réacteurs nucléaires

A croire que les leçons sont inutiles et plutôt que d’encourager l’innovation, on continue à utiliser les mêmes vieilles marmites radioactives …

VICTOIRE D’OBAMA – Une offre sera faite à l’Iran

Courrier international – L’anticipation au quotidien

VICTOIRE D'OBAMA – Une offre sera faite à l'Iran.

Sur le site du Think tank américain the Washington Institute for Near East Policy, le directeur du site Robert Satloff affirme que « pour son second mandat, le président Obama devrait
rapidement s’attacher à trouver un « accord global » avec Téhéran et
négocier avec les Iraniens afin de voir si un accord politique est envisageable
avant de devoir décider – probablement d’ici mi-2013 – s’il doit utiliser
d’autres moyens, potentiellement militaires, pour empêcher le pays de se doter
de capacités nucléaires militaires. Barack Obama sera plus ferme dans sa politique,
peut-être dès le lendemain de son élection. »

Fermeture de #Fessenheim : Matignon va nommer une « personnalité qualifiée »

Les Echos – actualité à la Une des Echos.fr

viaFermeture de Fessenheim : Matignon va nommer une « personnalité qualifiée ».

La France, indique l’Elysée, « militera sur la scène internationale, et notamment lors de la conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire qui se tiendra à Fukushima à partir du 15 décembre 2012, en faveur d’un renforcement des conventions internationales relatives à la sûreté nucléaire ».

A mettre en parallèle avec mon billet du 3 octobre

%d blogueurs aiment cette page :